La face cachée de nos sodas

Bouteilles de sodas - Crédits photo : eddie.welker - Certains droits réservés (licence Creative Commons) Plates, pétillantes, fruitées, sucrées, “light”, aromatisées, énergisantes, au thé, au cola…. les boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA), limonades et autres sodas offrent un large choix adapté à chaque envie et à chaque consommateur… Un vaste panel qui s’adapte à tous les goûts, mais de la bouteille à la recette, le consommateur soucieux de la composition de sa boisson rafraîchissante est bien démuni. Et pour cause, la composition de ces breuvages est longtemps restée inconnue. Le magazine 60 Millions de consommateurs (édité par l’Institut national de la consommation) a mené l’enquête et passé au crible plus de cinquante boissons sucrées. Après analyse en laboratoire de dix-neuf marques de sodas, le mensuel lève le voile sur leur composition dans son numéro de juillet-août 2012 titré “Sodas, colas, ce que vous buvez vraiment”.

Des additifs controversés

Édulcorants (aspartame, acésulfame K, sucralose, rébaudioside A), arômes, additifs alimentaires (stabilisants, antioxygènes, colorants, conservateurs et acidulants), voici ce qui se cachent dans les boissons rafraîchissantes fabriquées par l’industrie agro-alimentaire. Si certaines enseignes ont accepté de dévoiler la composition de leur produits, les deux leaders du marché, Coca-Cola et Pepsi Co, se sont retranchés derrière le secret industriel.

Deux colorants classés potentiellement cancérigènes en Californie

60 Millions de consommateurs fait le point sur l’acide phosphorique (à haute dose, il pourrait endommager les reins) et la présence des colorants E150d (colorant alimentaire de couleur brune appelé caramel au sulfite d’ammonium) et E 150c (caramel), classés comme potentiellement cancérigènes par l’État de Californie en janvier dernier. Si les deux leaders du secteur ont modifié la recette de leur boissons commercialisées aux États-Unis, ce n’est pas le cas en Europe.

Près de la moitié des colas testés contiennent de l’alcool, mais à des doses très faibles (moins de 10 mg par litre, soit près de 0,001 %). Pour rappel, une boisson dite non alcoolisée doit contenir moins de 1,2 % d’alcool, selon la législation.

Des allergènes dans nos sodas

Nos analyses des composés aromatiques démontrent la présence de certains éléments, comme les terpènes (une classe d’hydrocarbures produits par de nombreuses plantes, en particulier les conifères – ndlr), qui sont des allergènes connus.

Le sucre est aussi omniprésent dans ce type de boissons : plus de 100 grammes de sucre par litre dans la majorité des boissons analysées. Le Cola classic de Carrefour contient l’équivalent de 19 morceaux de sucre par litre, le Coca-Cola 18, et le Pepsi 17. Lorsqu’on en boit une canette, on avale l’équivalent de six morceaux de sucre !

Si manger du sucre n’est pas, dans l’absolu, mauvais pour la santé, en manger fréquemment et en trop grande quantité est identifié comme un facteur favorisant l’obésité, les troubles cardio-vasculaires et le diabète dans bon nombre d’études scientifiques. Certains chercheurs et médecins parlent même du rapport au sucre en termes d’addiction, de dépendance alimentaire.

L’innocuité des édulcorants en question

Un tiers des boissons étudiées par le mensuel contiennent des édulcorants artificiels (aspartame, E 951, ou acésulfame K, E 950) ou d’origine naturelle (Stevia). En mars 2011, deux études s’intéressaient aux effets sanitaires des édulcorants intenses. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) s’est saisie de l’évaluation des risques et bénéfices nutritionnels de l’ensemble de ces substances. Cette évaluation est en cours et un premier point d’étape a été publié en juin 2012. Il traite spécifiquement des effets de la consommation de ces édulcorants chez la femme enceinte et ne permet pas de conclure sur le risque potentiel, faute d’un nombre suffisant d’études. En ce qui concerne le bénéfice, aucun intérêt nutritionnel propre à la consommation d’édulcorants intenses pendant la période de grossesse n’a été démontré.

Les jus de fruits contiennent aussi beaucoup de sucre

Si vous aimez les jus de fruits, il vaut mieux privilégier les jus “sans sucre ajouté”, mais malgré cette indication, conformément à la réglementation, ils contiennent beaucoup de sucre selon les mesures de 60 millions de consommateurs. Un verre de Tropicana Bio (de 250 cl) renferme ainsi 27 grammes de sucre, soit quasi autant qu’une canette de Coca, et un verre de jus Alter Eco 25 grammes, tandis que le jus d’orange Joker en contient 22,5 grammes rapporte le Monde.fr. Les jus de fruits rassasient moins que les fruits entiers et sont riches en calories, selon le Programme national nutrition santé (PNNS) qui préconise une consommation avec modération, pas plus d’un demi-verre par jour pour les enfants de 3 à 11 ans.

Plus de 4 milliards de litres de boissons rafraîchissantes ont été vendus l’an passé en France ( Sources : Le Monde.fr). Un Français consommerait en moyenne 60 litres de sodas par an, la consommation d’un Américain atteindrait 190 litres. 19 % des Réunionnais indiquaient consommer des sodas quotidiennement (Sources : Comportements alimentaires et activité physique des Réunionnais – RECONSAL, 2002).

Depuis le 1er janvier 2012, une taxe touche l’ensemble des sodas commercialisés en France. Elle vise, en augmentant le prix de ces produits, à dissuader le consommateur et à l’orienter vers d’autres types de boissons.

Pour se désaltérer, l’eau est la seule boisson indispensable et la moins chère, rappelle le PNNS. Il est conseillé d’en boire un litre et demi par jour, pendant et entre les repas, telle quelle ou sous forme de boissons chaudes (thé, tisane, infusion…).

A voir également : l’enquête de Cash Investigation en vidéo “Sucre : Comment l’industrie vous rend accros”

Open Food Facts : le nouveau Wikipédia de l’alimentation. Ce projet collaboratif lancé le 19 mai dernier vise à créer une vaste base de données sur les produits alimentaires. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice et contribuer au recensement d’informations sur les produits alimentaires (ingrédients, additifs, données nutritionnelles etc…). La première opération de collecte participative de données a été menée sur… les sodas. A voir ici : Sucres et additifs dans les sodas

Crédits photo : eddie.welker Certains droits réservés (licence Creative Commons)

Author: pressecologie

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