Emyde de Chine : une nouvelle menace pour la faune indigène ?

Émyde de Chine - Crédits photo : Skink - Flickr

Des tortues aquatiques appartenant à l’espèce Mauremys sinensis ou émyde de Chine ont été trouvées au niveau de la rivière des Galets. Il se pourrait que l’espèce se reproduise à l’état naturel dans cette zone et se soit donc naturalisée à la Réunion. Impossible pour le moment d’affirmer s’il s’agit d’une nouvelle invasion biologique sur le territoire, mais la physionomie des juvéniles récupérés laisse penser qu’ils sont nés en milieu naturel et non en captivité. Une découverte qui inquiète les scientifiques, car cette espèce pourrait être potentiellement dangereuse pour les cours d’eau. Elle est susceptible de consommer des larves, des insectes mais aussi des jeunes poissons d’espèces indigènes.

Qu’est-ce qu’une espèce naturalisée ?

Une espèce naturalisée est une espèce étrangère introduite dans un endroit qui s’est adaptée aux conditions de croissance de l’endroit, de sorte qu’elle est en mesure de survivre et de se reproduire sans que l’homme lui vienne en aide ou la cultive (Sources : http://nature.ca/).

Un spécimen appartenant à l’espèce Mauremys sinensis a été observé en 2003 pour la première fois en milieu naturel à La Réunion au niveau de Deux Bras, dans la Rivière des Galets. Mais ce sont 11 individus juvéniles qui ont été récupérés dernièrement en aval d’un bassin de baignade sur ce même cours d’eau.

Émyde de Chine adulte - Crédits : DR

Dans un article publié dans le Bulletin Phaethon (Volume 33, 2013), les naturalistes Jean-Michel Probst (Association Nature et Patrimoine) et Mickaël Sanchez (Association Nature Océan Indien), s’interrogent sur l’origine de ces jeunes tortues :

Introduction dans le milieu naturel ? Individus échappés d’élevage(s) ? Reproduction de l’espèce dans la nature ? Expertisées par E. Lemagnen, ces tortues pourraient être âgées de quelques semaines et leurs caractéristiques morphologiques indiquent une reproduction in natura et non en captivité.

Cette découverte fortuite, dix ans après l’observation d’un adulte, pourrait donc indiquer la reproduction de cette espèce dans les milieux naturels de l’île. Il s’agit de la première espèce de tortue pour laquelle des indices de reproduction ont été notés dans la nature à La Réunion, soulignent les spécialistes.

Émyde de Chine juvénile - Crédits : DR

De nombreuses interrogations sont soulevées par cette découverte : origine(s), effectif des individus matures et immatures, nombre de pontes et d’œufs déposés, distribution exacte dans la rivière (de plus de 15 km de long), incidences de cette espèce exotique sur la faune aquatique locale… L’espèce est-elle bel et bien naturalisée et depuis combien de temps ? Les scientifiques se proposent de poursuivre les recherches afin de répondre à ces questions.

L’émyde de Chine : comment la reconnaître ?

Originaire du sud des provinces côtières de la Chine, on la retrouve aussi au Nord et au centre du Vietnam, au Laos, ainsi qu’à Taïwan. Cette tortue aquatique d’eau douce peut atteindre 24-25cm, pour une moyenne de 20 à 22cm.

Juvéniles : la dossière (partie dorsale de la carapace) possède 3 carènes très visibles qui s’estompent lorsque la tortue grandit. La dossière est plus claire (verdâtre à brun clair, avec des carènes jaune-orange) que celle des adultes (brun très foncé).

Adultes : la queue est assez longue, que ce soit chez les mâles ou chez les femelles. La tête, les pattes et la queue sont vert olive à grises, avec de fines rayures claires (jaune pâle à vert pâle) (nom commun de “tortue à cou rayé”). Le dessous de la tête est plus clair (jaune). L’iris est crème à jaune pâle, barré d’une tache sombre. (Sources : Nature Océan Indien)

Si vous observez cette espèce

Si vous observez un ou plusieurs spécimens d’Emyde de Chine dans un cours d’eau à La Réunion, veuillez contacter l’association NOI (natureoceanindien@gmail.com – 0693 40 40 73) ou la Fédération de pêche (federation.peche.reunion@wanadoo.fr – 0262 91 32 48).

Vous pouvez aussi faire un signalement en ligne

Plus d’informations sur cette espèce (description, classification, répartition géographique, reproduction, alimentation…) : www.especesinvasives.re

Crédits photo (Une) : Skink – Flickr | Crédits photo émyde de Chine (adulte et juvénile) : NOI

Author: pressecologie

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