Les métiers verts : 0,60 % de l’emploi total de l’île

Centre de tri et de recyclage des déchets ménagers - Photo : JM Ramès / VEOLIA

À La Réunion, 1 440 personnes exercent un métier vert en 2010, soit 0,60 % de l’emploi total de l’île. C’est ce que révèle une étude réalisée par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) en partenariat avec le CARIF OREF, Observatoire régional des métiers de l’économie verte. Un secteur porteur, selon ces organismes, avec un vivier de 36 400 emplois dans des filières amenées à s’orienter vers des démarches respectueuses de l’environnement.

1 440 emplois dans un secteur porteur

En 2010, 1 440 Réunionnais exercent un métier vert. Ils œuvrent à mesurer, prévenir, maîtriser et corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement. Ces métiers verts représentent 0,60 % de l’emploi total de l’île (0,53 % en France métropolitaine). Ils sont principalement masculins : seuls 12 % sont occupés par des Réunionnaises.

La moitié des métiers verts relèvent du domaine de l’assainissement et du traitement des déchets. Les autres se répartissent entre le domaine de la production et la distribution d’énergie et d’eau et celui de la protection de la nature. Avec plus d’offres d’emplois que de demandeurs dans ces trois domaines, ces métiers sont en tension depuis quelques années. S’ajoute à ces métiers verts un vivier de 36 400 emplois potentiellement verdissants c’est-à-dire qui pourraient être amenés à “verdir” en s’orientant vers des démarches de développement durable.

L’économie verte : de quoi parle-t-on ?

Selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) :

la croissance verte est la voie à suivre pour passer de l’économie actuelle à une économie durable. Elle consiste à promouvoir la croissance et le développement tout en réduisant la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, en limitant le plus possible la production de déchets et le gaspillage des ressources naturelles en préservant la biodiversité et en renforçant la sécurité énergique.

En 2010, un observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte est créé afin de mieux appréhender les emplois de l’économie verte. En 2011, dans le cadre du plan national de mobilisation pour les emplois et les métiers dans l’économie verte, La Réunion est choisie parmi cinq régions pilotes pour décliner un observatoire régional des métiers verts sur le modèle des méthodes quantitatives établies par l’observatoire national. Le CARIF OREF est le porteur de cet observatoire régional.

L’assainissement et le traitement des déchets majoritaires dans les métiers verts

Les métiers d’assainissement et de traitement des déchets sont les plus nombreux avec 800 emplois, concentrant 56 % des métiers verts à La Réunion. En particulier, 510 ouvriers non qualifiés sont chargés du nettoyage de la voie publique, du ramassage et traitement des déchets, de l’assainissement des eaux usées et 240 salariés sont conducteurs de véhicules de ramassage d’ordures. Ces métiers sont fortement masculins (seulement 6 % de femmes).

Les métiers de la production-distribution d’électricité limités par une industrie peu développée

Les métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau emploient 430 salariés, soit 30 % des professions vertes. C’est moins qu’en France métropolitaine où la production et la distribution d’énergie et d’eau est le principal secteur parmi les professions vertes (46 %). L’industrie, fortement consommatrice en énergie, occupe une faible part dans l’appareil productif sur l’île. Les emplois dans le secteur de la production d’électricité sont moins nombreux, les professions vertes du secteur n’échappent pas à la règle.

Une formation pointue dans la protection de l’environnement et de la nature

Avec 210 emplois, la protection de l’environnement et de la nature emploie 14 % de l’ensemble des métiers verts à La Réunion. Les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement représentent le tiers des métiers de protection de l’environnement. Ces métiers très spécialisés nécessitent un niveau élevé de formation théorique. Ainsi, 47 % des professionnels de la protection de la nature sont diplômés du supérieur.

Plus d’offres d’emploi que de demandeurs pour les métiers verts

Les métiers verts sont dits “en tension”. Les offres d’emploi pour les métiers verts sont supérieures au nombre de demandeurs : en moyenne 1,2 offre d’emploi pour chaque demandeur en 2012. Fin 2012, 640 Réunionnais recherchent un emploi dans les métiers verts. Ces demandeurs d’emploi ont un faible niveau de formation, puisque la moitié d’entre eux n’a aucun diplôme et le tiers est titulaire d’un CAP ou BEP.

Un potentiel de 36 400 emplois ?

D’autres emplois sont ou seront prochainement amenés à évoluer pour s’adapter aux nouvelles exigences et préoccupations environnementales. Près de la moitié de ces emplois dits “potentiellement verdissants” se trouvent dans le secteur du bâtiment, 16 % dans les transports et 10 % dans l’entretien des espaces verts. Ainsi, 15 % des emplois réunionnais pourraient ainsi “verdir” en s’orientant vers des démarches de développement durable, soit une part équivalente à celle de France métropolitaine.

Les “emplois verts” ne sont pas tous des métiers verts

Trois types de métiers verts sont identifiés : les métiers d’assainissement et traitement des déchets, les métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau et enfin les métiers de protection de l’environnement et de la nature. Les “emplois verts” qui relèvent de la politique État – Région d’insertion sont comptabilisés pour partie dans les métiers verts, dans les métiers verdissants mais aussi dans les autres métiers. Le Recensement de la population ne permet pas de les isoler.

Répartition des métiers verts et verdissants à La Réunion et en Métropole par groupement de professions en 2010 :

Répartition des métiers verts et verdissants à La Réunion et en Métropole par groupement de professions en 2010

Télécharger l’intégralité de la publication sur les métiers verts à La Réunion en 2010 : “Insee Partenaires n°24”

Crédits photo : JM Ramès / VEOLIA

Author: pressecologie

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