Le projet Gerri, une coquille vide ?

Panneaux solaires photovoltaïque et thermique à Mafate - Crédits : Pressecologie.com L’hebdomadaire L’Express publie ce mercredi 23 février 2011 un dossier consacré à l’environnement à la Réunion. Dans ce dossier spécial “La Réunion, développement durable : les sujets qui fâchent”, L’Express qualifie de grande désillusion l’objectif d’autonomie énergétique de l’île et pointe du doigt les filières du photovoltaïque, de la géothermie, de l’éolien et de l’essence verte, considérés comme des projets en panne.

Rappelons que le projet GERRI (grenelle de l’environnement à la Réunion : réussir l’innovation – green energy revolution : Reunion island), officiellement lancé en juillet 2009, se fixe pour objectif de faire de La Réunion, un territoire d’exception intégrant toutes les innovations environnementales intéressant la mobilité, l’énergie et ses usages, l’urbanisme, la construction et le tourisme. L’objectif est de rendre l’ île autonome énergétiquement, en faire un modèle de développement durable et un laboratoire des énergies respectueuses de l’environnement d’ici 2030. Mais les débuts portent au pessimisme, peut-on lire dans le dossier de l’Express.

Les tarifs de rachat de l’énergie produite à partir des rayons du soleil et les crédits d’impôts pour les particuliers qui s’équipent de panneaux solaires ont été revus à la baisse fin 2010. Les énergies intermittentes (type solaire, éolien…) sont limitées à un seuil de 30 % de la puissance électrique appelée sur le réseau. Ce seuil devrait être atteint mi-2011, selon le directeur régional d’EDF, Patrick Bressot, interrogé par L’Express. En raison de l’intermittence de ces sources d’énergie (le photovoltaïque ne produit pas d’énergie la nuit), la capacité du système à suppléer une baisse brutale de la production n’est pas garantie.

Dans le même temps, la consommation d’électricité à la Réunion a augmenté de 3% en 2009. Pour répondre à cette demande toujours plus forte en énergie, EDF termine la construction d’une nouvelle centrale thermique à moteurs diesel au Port et projette d’installer deux turbines à combustion au fioul dans le Sud de l’île.

Pour assurer la viabilité des sources d’énergie intermittentes, non permanentes, comme l’énergie solaire ou l’énergie éolienne, il y a bien la solution du stockage de l’énergie. Une batterie sodium soufre (NaS) d’une puissance de 1 MW est expérimentée dans la commune de Saint André. La société Aérowatt avait pour sa part répondu à un appel d’offres, mais son projet de couplage de l’énergie éolienne à de l’énergie hydraulique par le biais d’une station de pompage-turbinage à Sainte-Suzanne a été jugé trop coûteux par le gouvernement, rapporte L’Express.

Le GIP (groupement d’intérêt public) Gerri n’a toujours pas de président, ni de bureau, ni de budget… Une coquille vide d’après L’Express. Gerri est truffé de bons projets, mais reste un ‘machin’ hors-sol, inventé par des hommes en cravates, qui l’ont traduit en anglais et pas en créole. Aujourd’hui, force est de constater qu’il a disparu de la Réunion, regrettent Thierry Denys et Vanessa Miranville, secrétaire et porte-parole d’Europe Ecologie- Les Verts dans les colonnes de l’hebdomadaire.

Ce programme ambitieux et original est-il vraiment mort-né ? s’interroge L’Express. Une source institutionnelle proche du dossier refuse de trancher, mais tire à boulets rouge sur le gouvernement : ‘La Réunion avait un projet tellement canon qu’elle mettait le Grenelle de l’environnement minable en métropole. Fillon avait accepté le principe de mesures exceptionnelles, mais le ministère de l’Ecologie et Bercy ont bloqué.’ Trop verte, trop chère, la Réunion ! conclut l’hebdomadaire.

Author: pressecologie

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