Grand gecko vert malgache : attention espèce invasive !

Grand gecko vert de Madagascar - Phelsuma grandis - Pressecologie

Un Plan Régional de Lutte contre le grand gecko vert de Madagascar vient de paraître. Cette espèce représente un danger pour les derniers geckos natifs de l’île : compétition (pour l’espace et/ou pour les ressources alimentaires), prédation et potentielle transmission de maladies et de parasites. Ce plan vise à réduire la diffusion de ce gecko envahissant à la Réunion et éviter son installation sur les zones à fort enjeu écologique. Dès la fin 2013, des actions seront être mises en œuvre, notamment des actions de communication et de veille.

Interdit d’introduction à la Réunion

Le grand gecko vert de Madagascar, Phelsuma grandis, communément appelé lézard vert, est une espèce endémique du nord de Madagascar. Commun en animalerie, il a été relâché (intentionnellement ou non) dans plusieurs îles de l’Océan Indien ainsi que dans d’autres localités (ex : Floride, USA). Il a été introduit dans les milieux naturels de La Réunion au milieu des années 1990. Considérée comme une espèce invasive, depuis 2012 son introduction sur l’île est interdite (arrêté préfectoral n°12-920) et sa destruction administrative est autorisée (arrêté préfectoral n°12-921) (lire par ailleurs l’article Espèces invasives : les geckos de la Réunion en danger ).

C’est l’un des plus grands geckos de son genre, il peut mesurer jusqu’à 30 cm. Diurne, arboricole, il est très territorial envers ses congénères, mais aussi envers les autres espèces du genre Phelsuma. Sa reproduction peut être prolifique (jusqu’à 40 œufs/an en captivité) et son régime alimentaire est assez opportuniste : insectivore, nectarivore et frugivore, il peut parfois consommer des geckos de taille inférieure à la sienne, dont ses propres jeunes et ceux des espèces indigènes de La Réunion.

Sur l’île, il est actuellement connu dans des milieux naturels dégradés (vergers, savanes, boisements secondaires…) et urbanisés (jardins, parcs…). Ce gecko est une menace pour la faune indigène, notamment pour les geckos endémiques (lézard vert de Manapany, Phelsuma inexpectata et lézard vert des Hauts, Phelsuma borbonica) : compétition (pour l’espace et/ou pour les ressources alimentaires), prédation et potentielle transmission de maladies et de parasites.

12 populations identifiées

L’étude de répartition conduite met en évidence qu’il existe au moins 12 populations reproductrices distinctes à La Réunion. Favorisé par la disponibilité des habitats propices à son développement (ravines boisées, milieux jardinés, formations secondaires…), Phelsuma grandis peut coloniser certains milieux naturels. Aussi, les introductions intentionnelles et/ou accidentelles contribuent à sa diffusion sur l’île. À ce jour, il n’a pas été recensé dans les milieux indigènes, mais sur le moyen à long terme, il pourrait coloniser les forêts préservées de basses et moyennes altitudes (côte ouest et côte est).

Quatre secteurs dans lesquels le grand gecko vert malgache est à proximité, ou déjà en contact avec les geckos endémiques, ont été identifiés. Les secteurs les plus sensibles à court terme sont Manapany-les-Bains (Saint-Joseph) et Bellevue (Sainte-Suzanne). Afin de proposer des mesures de gestions adaptées, plusieurs méthodes de lutte ont été testées. Pour des coûts soutenables, les méthodes les plus efficaces et les plus fiables sont la capture manuelle et le tir à la carabine (réalisées par des personnes habilitées).

Au regard de la distribution actuelle de P. grandis à La Réunion, il est actuellement impossible d’enrayer cette invasion biologique, reconnaît Mickaël Sanchez, chargé de mission pour l’association Nature Océan Indien, rédacteur du Plan Régional de Lutte. Toutefois, sur les secteurs sensibles identifiés, la conduite d’actions de lutte ciblées (contrôle de population et/ou éradication locale) est nécessaire et tout à fait réalisable. Un premier plan de lutte est proposé. L’enjeu majeur est d’éviter les incidences négatives de cette espèce sur les geckos endémiques, déjà menacés. Ce plan s’articule en deux objectifs spécifiques : 1) réduire la diffusion de P. grandis sur l’île et 2) éviter son installation sur les zones à fort enjeu écologique.

Le plan, conduit grâce au concours financier de la DEAL de La Réunion, est disponible sur le site http://www.especesinvasives.re/

Faire un signalement

Le Grand gecko vert malgache est l’une des espèces invasives les plus préoccupantes pour les derniers reptiles indigènes de La Réunion, le gecko vert de Manapany et le gecko vert de Bourbon.

Il se nourrit des mêmes ressources alimentaires et occupe le même habitat que nos geckos indigènes. Mais, il est bien plus grand, agressif et compétitif ! Il arrive que les gros individus mangent les margouillats et même les geckos verts de La Réunion !

Si vous résidez sur les communes de Saint Pierre, Petite Ile ou Saint Joseph, où l’on trouve les dernières populations de gecko vert de Manapany, et que vous avez observé cette espèce, vous pouvez contacter l’association NOI (natureoceanindien@gmail.com – 06 93 40 40 73) ou faire un signalement en ligne.

Toute autre observation sur cette espèce, où que ce soit sur l’île, peut être communiquée de la même manière et pourra servir pour le Plan Régional de lutte contre ce gecko envahissant.

Comment différencier les geckos ?

Les endémiques : Le gecko vert de Manapany : corps vert pomme parcouru de petites taches rouges, deux bandes blanches encadrant une bande noire partent des yeux et filent vers l’arrière du corps.

Le gecko vert des Hauts : de couleur dominante verte plus ou moins foncée. Le dessus du corps est parsemé de tâches rouges qui s’épaississent vers la queue. Les flancs sont gris mouchetés.

Les exotiques : Le gecko à trois taches rouges : couleur verte, nuque et queue parsemées de points jaunes, trident rouge dans le bas du dos.

Le grand gecko vert malgache : couleur vert pomme, taches rouges plus ou moins nombreuses sur la tête et le dos.

A LIRE ÉGALEMENT : Reptiles : comment reconnaître nos geckos “pays” ?

Author: pressecologie

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