Moins de sucre dans les aliments vendus en outre-mer

Sucre roux - Crédits photo : http://www.sxc.hu/

Le Sénat a adopté le 20 mai 2013 une proposition de loi visant à réduire la quantité de sucre dans les produits laitiers et les boissons rafraîchissantes élaborés en Outre-mer, bien plus élevée qu’en France métropolitaine. Concernant le taux de sucre dans les aliments, les DOM et l’Hexagone seront désormais à égalité. Les industriels de l’agroalimentaire, quant à eux, devront revoir leurs recettes.

Un tonic en vente à la Réunion contient en moyenne 28% de sucres en plus, c’est 12% en plus pour les yaourts aux fruits. Le texte de loi interdit désormais la différence de teneur en sucres ajoutés entre les produits vendus en outre-mer et ceux de l’Hexagone. L’article entrera en vigueur six mois après la promulgation, permettant aux distributeurs d’écouler leurs stocks et concerne essentiellement les produits laitiers et les boissons.

La loi s’appliquera dans les départements d’outre-mer (Guyane, Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Mayotte), ainsi que dans les collectivités de Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le cardiologue André Atallah, par ailleurs conseiller régional (PS) de Guadeloupe, est à l’origine de cette proposition de loi déposée par Victorin Lurel, ministre des outre-mer, et 102 autres députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. Tout est parti d’un constat du docteur, qui, au cours de vacances en métropole, avait senti une nette différence de goût entre le même yaourt, acheté en métropole ou à la Guadeloupe. De retour chez lui, il avait demandé à une nutritionniste des analyses comparatives.

Date limite de consommation : le double étiquetage interdit

Autre volet de la loi : les différences entre la date limite de consommation (DLC). La DLC sera désormais la même, que le produit soit destiné au marché ultramarin ou métropolitain. En métropole, la DLC indiquée sur l’emballage est actuellement fixée à 30 jours après la fabrication, contre 55 jours, voire davantage en outre-mer. Cette date limite de consommation différenciée peut concernée des yaourts ou encore du fromage.

Les yaourts et les sodas plus sucrés

A la Réunion, dans le cadre du programme régional alimentation activité nutrition santé (PRAANS), initié par l’agence de santé Océan Indien (ARS-OI) et la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de La Réunion (DAAF de La Réunion) en juin 2011, un groupe de travail a lancé une étude comparant les valeurs nutritionnelles des produits fabriqués à la Réunion et de ceux importés de métropole.

Les industriels fabriquant des produits laitiers ultra-frais (PLF) et des boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) ont été rencontrés en juillet-août 2011. La méthodologie a été définie par l’observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali), en charge du suivi des PLF et des BRSA, afin que cette étude puisse resservir lors d’enquêtes ultérieures plus larges sur les produits sucrés dans les Départements et Régions d’outre-mer. Une différence significative à été constatée sur certaines gammes entre les produits fabriqués localement et ceux provenant de métropole.

Les industriels fabriquant des PLF ont été rencontrés une seconde fois en septembre 2011, pour comprendre l’origine de ces différences et estimer les possibilités d’amélioration des produits. Ils confirment certaines différences de formulation et les expliquent par deux raisons :

– le recours à la poudre de lait (La Réunion ne produit pas assez de lait frais) augmente mécaniquement le taux de lactose (sucre du lait à faible pouvoir sucrant), mais présente également des avantages qualitatifs (moins d’eau dans le produit fini) ;

– le taux de sucres ajoutés est parfois supérieur à celui de la métropole, en partie suite à des tests d’acceptabilité réalisés auprès des consommateurs.

Consultez les résultats de la comparaison des teneurs en glucides des produits Réunion vs Métropole

Forte prédisposition au diabète à La Réunion

Entre 2000 et 2009, le taux de prévalence du diabète en France n’a cessé d’augmenter. Il a même progressé plus vite que prévu. En 2009, on estimait à plus de 3,5 millions le nombre de personnes atteintes, des chiffres attendus normalement pour 2016. Une étude confirme des disparités liées au sexe (les hommes sont plus touchés que les femmes), à l’âge (les taux de prévalence sont plus élevés après 60 ans), aux conditions sociales, ainsi que des disparités géographiques. Or, les taux de prévalence les plus élevés en France sont toujours en outre-mer, avec un taux de 8,8% à La Réunion (pour une moyenne nationale de 4,4% en 2009). Fait marquant, à l’inverse de la métropole, les femmes sont plus touchées par le diabète entre outre-mer que les hommes (Sources : Institut de veille sanitaire (INVS) dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de novembre 2010 (N° 42-43)).

Crédits photo : http://www.sxc.hu/

Author: pressecologie

Share This Post On

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *