Nos plantes pays

Forêt de l'île de la Réunion - Crédits : Pressecologie

Isolées, soumises à une multiplicité de milieux naturels et de micro-climats, certaines espèces végétales indigènes (présentes avant l’arrivée de l’homme) ont été amenées à se différencier jusqu’à devenir endémiques, c’est-à-dire propres à la Réunion. Sur les 850 espèces végétales indigènes, 230 sont strictement endémiques de l’île, la moitié est menacée d’extinction. Petit tour d’horizon de quelques espèces emblématiques (la liste proposée est non exhaustive).

Flore indigène, endémique, exotique : quésaco ?

Les plantes indigènes sont celles qui étaient présentes avant l’arrivée de l’homme. Elles ont colonisé l’île par leurs propres moyens, leurs graines ayant été transportées par des cyclones, des oiseaux ou bien encore les courants marins.

Une espèce endémique est une espèce que l’on ne trouve que dans une région donnée. A La Réunion, plus d’un tiers des plantes indigènes sont endémiques de l’île. Ces plantes arrivées par leurs propres moyens ont progressivement évolué au cours des milliers d’années et ont fini par devenir différentes de leurs ancêtres, formant ainsi de nouvelles espèces. L’isolement de l’île par rapport au continent favorise ce processus évolutif.

Les plantes exotiques sont toutes les plantes amenées par l’homme volontairement ou non depuis la découverte de l’île. Bon nombre d’entre elles ont été introduites pour des raisons utilitaires : pour se nourrir, se soigner, pour décorer le jardin….

 

Insularité et endémicité : facteurs de fragilité pour la flore indigène

La végétation originelle a rapidement reculé dès que l’homme s’est implanté sur l’île (comme en témoignent les cartes ci-dessus qui permettent de comparer la répartition originelle et actuelle de la végétation à La Réunion). Certaines régions ont toutefois échappé à son emprise : zone du Piton de la Fournaise, remparts verticaux des vallées et des cirques, hauts sommets. Environ 30% de la végétation primaire de La Réunion est aujourd’hui conservé. Mais si les forêts humides d’altitude et les végétations altimontaines ont été relativement épargnées, les zones de basses altitude où sont concentrées l’urbanisation et les activités agricoles n’ont conservé qu’1 % de leur couverture forestière initiale(*).

Comparaison entre la répartition originelle et actuelle de la végétation à La Réunion : (Sources : Dossier de candidature au Patrimoine Mondial de l’UNESCO)

Comparaison entre la répartition originelle et actuelle de la végétation à La Réunion - Sources : Dossier de candidature au Patrimoine Mondial de l’UNESCO - Pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion

La flore indigène doit faire face à des menaces qui demeurent aujourd’hui encore très fortes :

  • les perturbations induites par les activités humaines
  • l’impact de la faune exotique introduite (les rats et les achatines, mollusques ravageurs, consomment fruits, semences et jeunes pousses et peuvent limiter de manière significative la régénération de plantes aux populations réduites).
  • les espèces végétales exotiques invasives, connues sous le nom de “pestes végétales” (raisin marron, goyavier, longose, liane papillon, galabert, choca…)

Du fait de la disparition de leurs habitats naturels, certaines espèces endémiques sont aujourd’hui très rares et se retrouvent en danger. Pour assurer leur préservation et sauvegarder le patrimoine naturel de l’île, nombre d’entre elles sont protégées (cf diaporama) par arrêté ministériel (Arrêté du 6 février 1987). Sont interdits la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement, le transport, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat (“commercialisation”) des spécimens sauvages.

D’autres espèces (cf diaporama) sont inscrites à l’Annexe II de la CITES (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) qui recense les espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n’était pas étroitement contrôlé.

(*) (Sources : Conservatoire botanique national de Mascarin (BOULLET V. et al. coord.) 2010. – Index de la flore vasculaire de la Réunion (Trachéophytes) : statuts, menaces et protections)

Author: pressecologie

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