Le dernier bastion des tortues géantes

Tortues géantes d'Aldabra - Crédits Photos : Aldabra Foundation Le plus grand atoll émergé du monde, Aldabra, situé dans l’Ouest de l’océan Indien, appartient aux Seychelles. Il abrite la plus grande population de Geochelone gigantea, la dernière population des tortues géantes de l’océan Indien subsistant à l’état sauvage. Véritable sanctuaire de la biodiversité, le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982.

Aldabra constitue aujourd’hui l’un des derniers écosystèmes isolés, non dégradés, de notre planète. Il représente un véritable laboratoire pour étudier les relations qui lient les espèces entre elles, et un trésor pour l’humanité. L’homme n’a jamais pu coloniser cet atoll. Depuis 125 000 ans, la nature y est restée quasiment vierge, et n’a pas eu à subir les dommages causés ailleurs, par les activités humaines.

Il y a 160 millions d’années, un volcan s’est élevé depuis les fonds marins pour former une île. L’activité volcanique a cessé et le volcan s’est affaissé formant le lagon. Un récif corallien s’est développé autour du volcan : l’atoll d’Aldabra est né. Un atoll est un anneau corallien entourant un lagon qui communique avec la haute mer par des passes au nombre de 4 sur Aldabra. Situé à 640 km à l’est des côtes de la Tanzanie, Aldabra mesure 35 km sur 15 km de large, c’est le plus grand atoll émergé du monde.

La plus importante population de tortues géantes au monde

L’absence de grands mammifères prédateurs a permis le développement d’un écosystème unique à l’atoll, dominé par les tortues géantes (Geochelone gigantea). L’île d’Aldabra n’en possède pas moins de 100 000, ce qui est aujourd’hui la plus importante population de tortues géantes au monde.

Les tortues sont les derniers survivants d’une forme de vie autrefois répandue sur d’autres îles de l’Océan Indien, la Réunion, Maurice et Rodrigues notamment. Aldabra en est aujourd’hui leur seul habitat restant. La population des tortues est entièrement auto-suffisante et tous les éléments de ses interrelations complexes avec l’environnement naturel sont évidents. (Sources : Unesco : Liste du Patrimoine Mondial)

Les tortues sont connues pour leur longévité record… plus de 150 ans. Mais sur Aldabra, les conditions hostiles (chaleur, manque de nourriture) influent sur leur survie et sur leur croissance. Leur vie est perpétuellement menacée.

La tortue géante d’Aldabra est essentiellement herbivore. Elle se nourrit le matin et le soir lorsque la température est douce. Elle a développé une aptitude à boire par les narines, ce qui lui permet de tirer parti de la moindre fissure remplie d’eau. Elles sont également capables de nager et flottent aisément. Les scientifiques pensent que les tortues géantes sont parvenues sur Aldabra en dérivant sur des courants marins, en provenance d’autres habitats très éloignés.

L’ île est aussi le refuge du râle d’Aldabra , la dernière espèce d’oiseaux ne pouvant voler des îles de l’océan Indien

L’archipel corallien abrite le seul oiseau inapte au vol survivant dans l’océan indien, le râle d’Aldabra (Dryolimnas (cuvieri) aldabranus). Pourquoi dépenser de l’énergie dans le vol lorsqu’il n’y a pas de prédateurs naturels et que la nourriture est abondante au sol ?

Au cours de l’évolution, certains oiseaux, en l’absence de prédateurs, ont “oublié” comment voler et ont perdu l’usage des muscles servant au vol. Parallèlement, leurs ailes se sont raccourcies et leurs pattes sont devenues plus résistantes et leur ont permis de courir toute la journée à la recherche de nourriture. Ces oiseaux ont progressivement perdu l’usage du vol. Les crabes représentent une part importante de son régime alimentaire.

Les espèces invasives

Certains mammifères ont été introduits sur l’île par l’homme comme les rats, les chats et les chèvres. Ces espèces entrent en compétition avec les espèces indigènes comme les oiseaux et les tortues. Des programmes d’éradication sont menés depuis quelques années.

Protection et gestion

Aldabra bénéficie d’une protection juridique dans le cadre de la législation nationale et il est géré par une fondation publique, la Fondation des îles des Seychelles, avec un programme quotidien orienté par un plan de gestion. L’éloignement de l’archipel a limité l’interférence humaine, contribuant ainsi à la protection des processus biologiques et écologiques, mais cela pose aussi des problèmes logistiques. Le tourisme y est limité et soigneusement contrôlé. Tandis que l’atoll offre un écosystème quasiment intact, la protection et la gestion doivent traiter des menaces constantes causées par les espèces étrangères invasives, le changement climatique et les marées noires, en particulier dans le cas où l’exploration pétrolière augmenterait dans la région. (Sources : Unesco : Liste du Patrimoine Mondial)

Sources : «Aldabra un atoll pour l’humanité» – Muséum national d’histoire naturelle de Paris

Crédits Photos : Aldabra Foundation Aldabra Foundation

Author: pressecologie

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