Une nouvelle espèce de gecko exotique recensée sur l’île

Gecko nocturne exotique Hemidactylus mercatorius - Crédits photo : DR Une espèce de gecko non recensée jusqu’alors à La Réunion a été découverte dans la région de Saint-Pierre, ce qui ramène à cinq le nombre d’espèces de geckos nocturnes sur l’île. L’espèce d’origine exotique est considérée comme potentiellement invasive. Deux spécialistes des reptiles de la Réunion, Mickaël Sanchez et Jean-Michel Probst, ont également élaboré une clé d’identification des différentes espèces de geckos nocturnes. Ces travaux ont fait l’objet d’une publication dans le bulletin de la Société Herpétologique de France.

Un nouveau gecko nocturne naturalisé

Parmi les reptiles, le genre Hemidactylus de la famille des Gekkonidae, est l’un des plus largement distribués à travers le monde. À La Réunion, le genre est représenté par deux espèces introduites : Hemidactylus frenatus et Hemidactylus parvimaculatus. Un troisième hémidactyle, Hemidactylus mercatorius a été découvert pour la première fois dans l’agglomération de Saint-Pierre, dans le sud de l’île, en avril 2010.

Cette espèce est largement distribuée dans l’Océan Indien et probablement issue de multiples dispersions d’origine anthropique. L’analyse génétique conduite par Sara Rocha (laboratoire CIBIO, Portugal) montre que le gecko a pu être introduit à la Réunion depuis l’archipel des Comores, la Tanzanie, l’Afrique du Sud ou les Seychelles.

L’espèce semble actuellement localisée à un seul quartier de la ville de Saint-Pierre, mais l’étendue de la population n’a pas été définie et d’autres stations peuvent exister ailleurs sur l’île, notent les spécialistes. Dans le contexte très urbain dans lequel ce gecko s’est établi, mais aussi devant la présence de plus d’une dizaine d’individus observés, il nous a paru rapidement impossible d’éviter sa naturalisation, poursuivent-ils.

Une incidence négative sur la faune locale

Ce gecko nocturne vient s’ajouter à la liste croissante d’espèces de reptiles potentiellement invasifs sur l’île. Cette espèce n’est toutefois pas considérée comme envahissante. Cependant, les scientifiques considèrent l’espèce proche H. mabouia comme invasive, bénéficiant de bonnes facultés d’adaptation et de colonisation, notamment des habitats dégradés.

La connaissance de H. mercatorius étant encore parcellaire (comportement, habitat, capacité de colonisation…), les spécialistes s’interrogent :

Il est difficile de prévoir les conséquences de cette introduction. Comment H. mercatorius va-t-il se comporter avec les autres reptiles de l’île de La Réunion ? L’espèce semble occuper une niche écologique similaire aux deux autres hémidactyles (reptiles – ndlr) introduits, H. frenatus et H. parvimaculatus. Cependant, des recoupements de niche entre geckos nocturnes et geckos diurnes pouvant induire une compétition alimentaire et/ou pour l’habitat, ne sont pas exclus.

Si cette nouvelle espèce de gecko nocturne s’établit de manière permanente, se disperse et colonise d’autres milieux de l’île, elle pourrait certainement avoir une incidence négative sur la faune locale en venant s’ajouter à la liste des espèces en compétition avec les reptiles endémiques de l’île, le gecko vert de Manapany et le gecko vert des Hauts déjà menacés (lire l’article Espèces invasives : les geckos de la Réunion en danger), craignent les scientifiques qui préconisent d’éliminer rapidement cette nouvelle introduction, par principe de précaution.

Author: pressecologie

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