Locavore, j’adore !

La Ruche qui dit oui ! - Crédits photo : La Ruche qui dit oui ! - DRAu sommaire des alternatives à la grande distribution, il y a les Amap (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), les points de vente collectifs, les réunions “Tupperware”, les sites de vente de produits bio en ligne, les marchés forains… “La Ruche qui dit Oui !” est un peu tout cela à la fois. Ce nouveau concept né dans l’Hexagone et qui a soufflé sa première bougie en septembre, a posé ses valises à la Réunion. Plus d’équité, de localité, des produits sains et bons, voilà ce qui rassemble les membres de cette ruche pas comme les autres.

On en a marre de la vie chère ! On va le faire à notre manière ! Tout est parti de là, explique Christel, responsable de la Ruche qui dit oui ! de Saint-Louis, la première du genre en outremer. En quoi consiste la Ruche ? Manger juste, bon, local, tout en assurant un revenu hebdomadaire aux producteurs de l’île, résume en quelques mots Christel. La jeune femme, qui s’est lancée dans l’aventure en septembre 2011, détaille le mode d’emploi de cette “autre façon de faire ses courses” :

1. Un particulier, une association ou une entreprise décide d’ouvrir une Ruche, dans un lieu public (café, salle de spectacle, école, centre culturel…), dans son jardin, son garage…

2. Il contacte autour de chez lui les producteurs fermiers de légumes, viande, fromage, laitage, pain, vin, miel, fleurs… prêts à tenter l’aventure.

3. Dans le même temps, il recrute des membres, des voisins, des amis, des amis de voisins, des gourmands…

4. 5 producteurs se sont inscrits, 30 membres attendent les premières offres ? L’aventure peut commencer.

5. Toutes les semaines, le responsable de Ruche propose sur internet une sélection fermière à toute sa communauté à partir des produits proposés par les producteurs.

Au préalable, chaque producteur a fixé un minimum de commande à partir duquel il veut bien fournir la Ruche. L’idée est qu’il ne se déplace pas pour 2 kilos de betteraves. C’est lui aussi qui détermine le seuil de commandes acceptable et qui fixe le prix de vente de ses produits en fonction de ses coûts de production et de la distance qui le sépare de chaque Ruche.

6. Les consommateurs ont 6 jours pour passer commande sur le site de La Ruche de Saint-Louis, de façon très simple en cliquant sur les produits convoités. Pas d’obligation, pas d’abonnement : chaque membre de la Ruche est libre de commander ou non.

7. Une fois les commandes terminées, deux options : 1/ le producteur a atteint son minimum de commandes, tout va bien. 2/ Il ne l’a pas atteint. Dans ce cas, il ne viendra pas livrer cette fois. La veille de la distribution, chaque membre reçoit la liste complète de ses courses effectives et donc du montant débité (paiement sécurisé par carte bancaire sur le site internet de la Ruche).

Le jour J, les consommateurs se retrouvent sur le lieu de la distribution pour récupérer leurs courses. C’est le jeudi qui a été retenu pour la Ruche de Saint-Louis (on peut retirer ses produits de 16h à 19h). On se rencontre, on discute, dans la convivialité, sans échanges commerciaux… C’est aussi ce qui différencie la Ruche d’un point de vente classique.

Détails des prix : transparence

La Ruche qui dit Oui ! se veut plus juste et plus équitable. Quand les boutiques spécialisées pratiquent des marges de 40%, la Ruche qui dit Oui ! applique sa règle des 15,8%*.

7,9% du prix de vente revient aux responsables de Ruche qui sillonnent la région à la découverte des spécialités locales, qui assistent les producteurs dans la définition, le renouvellement et la mise en ligne de leurs produits, qui cherchent un local, qui recrutent des membres, qui organisent et gèrent les distributions, qui envoient recettes, astuces et informations à leur communauté.

7,9% du prix de vente (l’autre moitié des 15,8 %) est reversé à l’organisme de paiement (2,1%) et le reste à l’équipe de la Ruche qui dit Oui ! Quinze personnes attestent du sérieux des fournisseurs (pièces juridiques et comptables à l’appui), gèrent la facturation et le paiement en ligne, aident les responsables à développer leur Ruche, améliorent la plateforme Internet…

Produits pays

Cinq fournisseurs ont à ce jour rejoint la Ruche de Saint-Louis pour proposer des fruits et légumes locaux issus de l’agriculture biologique prioritairement, des glaces artisanales, des volailles, des œufs, des produits laitiers (fromages, yaourts, lait…), des pains biologiques, des plantes aromatiques, voire du poisson et même des savons, huiles essentielles, soins pour le corps…

Les tarifs proposés seront, pour certains articles, sensiblement les mêmes qu’en boutique standard (pour les pains par exemple), d’autres produits seront disponibles au prix “grossiste” (pour les fruits et légumes). Mais de toute façon, c’est le fournisseur qui fixe son tarif, et comme il y a moins intermédiaire dans le système proposé par la Ruche, ce sera moins cher qu’en grande surface, assure Christel.

Pour faciliter le quotidien des “abeilles”, un système de covoiturage a été proposé par certains membres de la Ruche. Un service de livraison à domicile pourrait aussi être testé localement, moyennant peut-être 5 euros de plus par commande.

La Ruche de Saint-Louis fait aussi des émules. Dans le sud, une seconde Ruche est actuellement en construction à Grand-Bois. Deux autres demandes ont été formulées à Saint-Denis, mais aussi Saint-Paul.

Pour rejoindre la Ruche de Saint-Louis, rendez-vous sur le site La Ruche de Saint-Louis.

Vous souhaitez ouvrir une ruche dans votre quartier ? Rendez-vous sur le site La Ruche qui dit Oui.

Une charte du “manger mieux, manger juste”

Au sein des Ruches, les producteurs locaux fournissent des produits de qualité et s’efforcent de respecter une charte maison.

  • La règle du local

À la Ruche qui dit Oui !, tous les produits proposés aux membres sont locaux, c’est-à-dire qu’ils ont poussé à moins de 250 kilomètres du lieu de distribution.

  • Fruits et légumes de saison
  • Limiter les intrants

Si l’exploitation n’est pas certifiée bio, le producteur s’engage à limiter les doses, que ce soit de produits phytosanitaires (engrais, fongicides, insecticides, désherbants) ou d’eau. Sur demande, il donne le nom et la quantité des produits utilisés.

  • Une bonne conservation des produits

Le stockage doit être optimisé pour conserver au mieux les fruits et légumes et leurs qualités nutritionnelles. Pour les produits frais, la chaîne du froid doit impérativement être respectée. Les dates limites de consommation doivent être clairement indiquées et être de durée acceptable. En cas de produit défectueux, le producteur s’engage à le remplacer à la distribution suivante.

  • Veiller au bien-être animal

Dans les étables ou les poulaillers, les animaux doivent être traités avec le plus grand soin. Poule, vache, cochon : chacun doit pouvoir se mouvoir librement, sortir, avoir accès au grand air. Toute production en cage est strictement interdite. Enfin, lorsque l’élevage n’est pas labellisé, le producteur donne, à la demande des consommateurs, le menu des animaux (traitements médicamenteux compris).

  • Halte aux additifs chimiques : une transformation naturelle des produits

Que ce soit pour la charcuterie, les plats préparés, les fromages ou les desserts lactés, les produits transformés doivent limiter au maximum les additifs. La production paysanne et fermière étant ici encouragée, sont tolérés dans les produits des Ruches tous les additifs autorisés par les cahiers des charges biologiques et ceux considérés comme non dangereux par les ouvrages de référence. Sont totalement exclus des Ruches : le glutamate de sodium, l’aspartame et autres édulcorants synthétiques, les acides gras trans, les colorants azoïques, l’aluminium…

  • Produire et/ou transformer soi-même ses produits

Les producteurs doivent nécessairement avoir pris part à la fabrication ou la transformation des produits présentés. En aucun cas, ils ne peuvent se positionner comme de simples intermédiaires commerciaux. Malgré tout, il peut arriver qu’un producteur propose les produits d’un collègue ou d’un ami (à condition qu’il respecte lui aussi cette charte). Dans ce cas, il l’indique dans son offre explicitement : nom, localité, spécificités.

  • Les allergènes signalés

Gluten, arachide, lactose : aucun allergène ne doit se cacher. Lorsqu’un produit en contient, le producteur l’indique aux consommateurs sur la description de son offre. Les producteurs s’engagent également à donner la composition exacte de leurs produits sur simple demande.

Author: pressecologie

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