Laver son linge et préserver la planète

Lessive sur un fil - Crédits photo : morpholux - Flickr - Certains droits réservés (licence Creative Commons)Laver son linge, un acte anodin ? Pas si sûr… Le lavage du linge représente 12% de la consommation d’eau des français et constitue une source importante de pollution des eaux douces. Comment réduire cet impact ?

Choix de la machine

En terme de performances énergétiques, on doit bien avouer que les fabricants d’électroménager ont fait de grands progrès ces dernières années : dans les années 80, une machine à laver consommait environ 130L d’eau par cycle, contre seulement 50L aujourd’hui.

Le choix de la machine à laver reste néanmoins important. On la choisira évidemment adaptée à ses besoins, notamment au nombre de personnes du foyer, afin d’éviter de la faire tourner à moitié vide… Et on vérifiera qu’elle est porteuse du fameux “A” ; pour les machines à laver, il y a trois critères d’attribution : performances énergétiques, performances de lavage et performances d’essorage. La “meilleure” machine en terme d’écologie, sera donc gratifiée d’un triple A ! Elle pourra même être porteuse de l’écolabel européen, assurant ainsi que le processus de fabrication de la machine a été plus respectueux de l’environnement que celui de ses concurrentes.

Option intéressante : certaines machines (dites à double-raccordement) peuvent maintenant se raccorder à un chauffe-eau, notamment solaire : c’est jusqu’à 70% d’électricité économisée ainsi !

Laver son linge en pédalant plutôt qu’en utilisant de l’électricité vous tente ? Pour les bricoleurs, c’est assurément la solution la plus économique et écologique, qui permet en outre de garder la forme ! La revue Passerelle Eco explique comment construire un lave-linge à pédales.

Choix de la lessive

Après le choix de la machine à laver, direction le rayon lessives du supermarché. Ce dernier a nettement “verdi” ces dernières années, et il convient de se méfier des allégations “vertes” (mentions “éco”, “naturel”, “au savon de Marseille”, etc) parfois abusives. Si les recharges de lessive et les lessives concentrées génèrent effectivement une moindre quantité de déchets, leur composition est rarement respectueuse de l’environnement.

En effet, qu’elles soient en poudre, en tablette ou liquide, les lessives fabriquées à partir de tensioactifs pétrochimiques, même si l’on y adjoint huiles essentielles et autres savons naturels, ne sont jamais neutres pour l’environnement. L’eau de lavage, qui finit dans nos rivières via les stations d’épuration, nuit à la vie aquatique et favorise la prolifération d’algues notamment.

Lessives écologiques

Les grandes surfaces proposent maintenant des lessives écologiques portant le label écologique européen (voir par ailleurs l’article Labels bio, écolo… Y voir plus clair), qui impose une limitation des substances dangereuses et des produits chimiques (mais non leur absence) et une meilleure biodégradabilité (mais non une biodégradabilité totale).

Pour être certain d’avoir une lessive qui répond à des normes strictes en matière d’environnement, mieux vaut se tourner vers les lessives disponibles en boutiques bio.

Dans tous les cas, un bon dosage est primordial ! Généralement, la moitié de la dose conseillée suffit amplement à rendre le linge propre. Il est à noter aussi que plus l’eau est douce (peu de calcaire), moins vous aurez besoin de lessive !

Noix de lavage, boules de lavage..

Les noix de lavage sont les fruits du Sapindus, un arbre originaire d’Asie. Les noix de lavage sont traditionnellement utilisées en Inde comme détergent et comme shampoing. Riches en saponine, elles s’utilisent à la place de la lessive : quelques coques dans un petit sachet en coton glissé dans le tambour de la machine, et le tour est joué !

Les boules de lavage elles, contiennent des billes de céramique qui provoqueraient une agitation des molécules d’eau et décrocheraient naturellement la saleté, sans avoir recourt à une lessive chimique. A ce jour, elles n’ont pas encore donné la preuve de leur efficacité, même si elles satisfont bon nombre de consommateurs désireux d’une alternative aux lessives classiques.

Lessive maison

Autre solution : fabriquer sa lessive soi-même, avec des ingrédients naturels et si possible locaux. Il existe différentes manières de faire : à base de savon d’Alep ou de Marseille, ou encore à base de cendres… Quelques gouttes d’huile essentielle en complément permettent de parfumer délicatement le linge. (Lire par ailleurs, l’article Fabriquer sa lessive au savon de Marseille)

Des astuces ?

Le vinaigre

Le vinaigre blanc (vinaigre d’alcool) est un excellent adoucissant. Il est même doublement utile puisqu’il fait aussi office d’anti-calcaire ! Il suffit d’en verser un demi-verre dans le compartiment de l’adoucissant à chaque lessive.

Le percarbonate de sodium

Le percarbonate de sodium, ou sel blanchissant, dégage de l’oxygène lorsqu’il se dissout dans l’eau : il n’est nullement toxique pour l’environnement et a une double action blanchissante et désinfectante. Parfait pour purifier le linge et redonner de l’éclat à du linge jauni par exemple.

Détacher

Pour détacher, outre les détachants écologiques existants, il existe mille et une recettes de grand-mère efficaces : savon noir, sel, jus de citron, alcool… En quelques clics sur internet, vous trouverez pour chaque tache une solution ! On oublie souvent un allié de taille contre les taches : le soleil (et même la lune paraît-il !) qui détache naturellement, et gratuitement !

Les balles et battoirs

Les balles et battoirs en caoutchouc, par leur action purement mécanique (brassage), permettent de réduire la quantité de lessive d’au moins 20% et rendent le linge plus propre et plus doux. Ils peuvent être aisément remplacés par quelques balles de tennis placées dans le tambour de la machine.

Cycle de lavage et température

Plus le cycle de lavage est long, et plus la température est élevée, plus le bilan énergétique est élevé, lui aussi ! Adaptez la température et le cycle à l’état de saleté du linge. Généralement, 40° suffit amplement à un bon lavage, des températures plus élevées pouvant également abîmer le linge prématurément. Et surtout, attendez que la machine soit pleine pour la faire tourner !

Le lavage à la main

Par souci d’économie, simplicité volontaire ou en simple dépannage, le lavage à la main a aussi ses avantages et ses adeptes.

Les fibres

Dernier point enfin, préférez des vêtements en fibre naturelle : coton, lin, chanvre, laine.. Une récente étude du NCEAS (National Center for Ecological Analysis and Synthesis) aux Etats-Unis, a démontré qu’au cours du lavage d’un vêtement synthétique (polyester, acrylique, polyamide..), des milliers de fibres trop fines pour être stoppées par les stations d’épuration, se retrouvent ingérées par des organismes aquatiques et seraient responsables d’une importante pollution côtière

Crédits photo : morpholux – Certains droits réservés (licence Creative Commons)

Author: pressecologie

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