Un nouveau pas franchi pour les énergies marines

Pelamis au Portugal - Crédits photo : Pelamis Wave PowerSon insularité et les caractéristiques de ses fonds marins confèrent à la Réunion des conditions favorables en matière de valorisation des énergies marines. CETO, SWAC, Pelamis, ETM… Quatre technologies sont à l’étude ou au stade d’expérimentation sur l’île pour exploiter une énergie renouvelable venue de l’océan.

Pelamis : autorisé par arrêté préfectoral

Le projet de centrale houlomotrice Pelamis, porté par Seawatt, vient d’être autorisé par arrêté préfectoral, annonce le Quotidien de la Réunion dans son édition du 1er septembre 2012. Le projet doit s’implanter dans le secteur de la Pointe du Diable à Saint-Pierre.

La société réunionnaise Seawatt vient ainsi de franchir une étape décisive : après une enquête publique menée du 31 janvier au 1er mars, la Préfecture a donné son feu vert pour l’implantation de la ferme houlomotrice de type Pelamis au large de Saint-Pierre. Un arrêté préfectoral en date du 27 août 2012, selon les informations du Quotidien, autorise Seawatt à installer sa centrale Pelamis, dont le coût est estimé à 25 millions d’euros.

30 Pelamis = 20 000 foyers alimentés en énergie

Les travaux d’installation des 5 premiers Pelamis pourraient démarrer en 2014 pour un objectif de production de 3 MW (mégawatt), puis de 20 à 30 MW avec la réalisation d’une centrale constituée de 30 Pelamis qui permettrait d’alimenter près de 20 000 foyers.

Issu d’une technologie écossaise, le Pelamis est un convertisseur d’énergie des vagues semi immergé. Il se présente comme un ensemble de segments cylindriques liés entre eux linéairement par des articulations. Lors du passage des vagues le long de la machine, le mouvement de chacun des cylindres par rapport aux autres est amorti par des vérins hydrauliques.

La capacité maximale totale de génération d’un seul Pelamis est de 750kW. L’ensemble des génératrices envoie l’électricité produite dans un câble haute tension qui court le long de la machine vers un transformateur situé dans le nez du Pelamis. L’énergie est envoyée, par l’intermédiaire d’un câble, dans les fonds marins et ensuite acheminée jusqu’au rivage et enfin vers une connexion adéquate au réseau.

CETO à l’épreuve des vagues

Technologie Ceto Le site de la Pointe du Diable à Saint-Pierre a aussi été sélectionné pour accueillir le projet houlomoteur CETO, une technologie, déjà opérationnelle dans l’hémisphère sud, notamment en Australie, qui repose sur l’énergie des vagues valorisée à l’aide de bouées disposées sur les fonds marins. L’installation du prototype est en cours et devrait être finalisée d’ici la fin de l’année précise EDF Énergies nouvelles, porteur du projet. Le système est installé par 25 mètres de fond. La société DCNS (constructeur européen de navires militaires – ndlr) est en charge des travaux d’installation et s’appuie notamment sur la société réunionnaise SGTPS.

Il s’agit du premier convertisseur d’énergie des vagues implanté au fond de la mer, invisible et à l’abri des intempéries. Le principe du CETO est le suivant : un flotteur est mis en mouvement par la houle et transmet son mouvement a une pompe qui met un fluide sous pression. Le fluide sous pression est transporté jusqu’au rivage vers une turbine qui produit de l’électricité.

Une phase pilote

EDF Énergies nouvelles détaille les différentes phases du projet :

Une phase de test du prototype est prévue sur plusieurs mois pour évaluer le rendement énergétique et les impacts environnementaux. Les résultats de cette expérimentation détermineront la suite du projet et notamment l’éventuelle installation d’une centrale de plus grande ampleur.

Les objectifs de production sont de 2 MW durant la phase pilote, puis 20 à 30 MW à l’horizon 2015, si l’expérimentation est concluante. Le projet d’expérimentation est cofinancé par la Région Réunion et par l’Etat dans le cadre du plan de relance.

A quelle échéance, peut-on envisager l’installation d’une centrale de grande ampleur exploitant cette technologie, quel sera le coût total de ce projet, quelles perspectives pour la création d’emplois sur le territoire réunionnais ? Pour EDF Énergies nouvelles, il est prématuré de pouvoir répondre à ces questions.

Climatiser avec l’eau de mer

Le projet Sea Water Air Conditionning (SWAC) ou thalasso-thermie est également en bonne voie. Les partenaires (un consortium composé de EDF, l’ADEME et le CHU de Saint-Pierre avec le soutien de la Région Réunion) ont annoncé, en conférence de presse le 3 septembre dernier, le lancement du projet qui sera installé prochainement afin de permettre une climatisation d’origine marine des locaux du GHSR (groupe hospitalier Sud Réunion). La localisation du CHU de Saint-Pierre et sa consommation en matière de climatisation en font un lieu favorable à l’implantation d’un tel projet.

Le principe est d’utiliser l’eau des profondeurs servant de source froide pour la climatisation des bâtiments. Bien que peu nombreux, des projets similaires existent à travers le monde, notamment à Tahiti où l’installation d’un SWAC dédié également à un hôpital est en cours d’achèvement précise l’Arer (agence régionale de l’énergie Réunion).

Des études préliminaires sont en cours : il s’agit notamment de définir les impacts environnementaux, savoir aussi comment les installations réagiront face aux cyclones… Ou encore de connaître le coût au kWh d’une climatisation lambda afin d’obtenir des repères, expliquent les porteurs du projet dans les colonnes du Journal de l’île de la Réunion. Les travaux pourraient commencer en 2013 pour une mise en service en 2014. Coût total de l’installation : entre 10 et 15 millions d’euros.

Pour mieux comprendre comment fonctionne le SWAC :
– L’eau de mer pompée à grande profondeur à une température de l’ordre de 5° passe par un échangeur thermique et refroidit un circuit secondaire d’eau douce

– Ce circuit alimente en eau froide les immeubles à climatiser.

– L’eau de mer, à la sortie de l’échangeur, est renvoyée à l’océan.

L’intérêt de ce projet est de réduire de plus de 50% la consommation électrique liée à la climatisation. Actuellement 60% de la consommation électrique totale des bâtiments du CHU saint-pierrois est utilisée pour la climatisation.

Au sujet des énergies marines, à lire également : notre article Energie thermique des mers : un banc d’essai à Saint-Pierre

Pelamis | Crédits photo : Pelamis Wave Power – http://www.pelamiswave.com

Ceto | Crédits photo : Carnegie Wave Energy – http://www.carnegiewave.com/

Author: pressecologie

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