Couches lavables / couches jetables : match nul, vraiment ?

Couches sur un fil à linge - Crédits photo : Richard Fawcett - Licence Creative Commons - Certains droits réservésL’Agence de l’environnement et de la maîtrise des énergies (ADEME), s’est attirée les foudres des fabricants de couches lavables le mois dernier, en publiant une note intitulée ”Impacts environnementaux des couches pour bébé”. Se basant sur une analyse du cycle de vie (ACV) conduite au Royaume-Uni (“An updated lifecycle assessment study for disposable and reusable nappies“, Environment Agency, octobre 2008) l’agence conclut que les données ne permettent pas actuellement de trancher en faveur de l’une ou l’autre de ces deux solutions (jetable ou lavable) si l’on considère leurs impacts sur l’environnement :

Si les couches lavables présentent un intérêt en termes de réduction des quantités de déchets, elles génèrent aussi des consommations d’eau et d’énergie plus importantes.

L’ADEME préconise ainsi l’utilisation de couches jetables portant le logo Nordic Swan, un label scandinave qui évalue l’impact environnemental et encourage une conception durable des produits concernés.

Quant aux utilisateurs de couches lavables, on leur rappelle d’en optimiser l’usage : lavage dans une machine de classe A/AA, à pleine charge et à 60° de préférence, utilisation de lessives porteuses d’écolabel, séchage à l’air libre, pas de repassage.

Pas de repassage ?! Mais qui aurait l’idée de repasser ses couches ? C’est en effet l’ahurissement parmi la communauté des utilisateurs de couches lavables, qui ne se reconnaissent décidément pas dans les données révélées par l’étude en question, données en contradiction même avec les recommandations habituelles des fournisseurs de couches lavables : lors de l’étude, les couches, de fabrication pakistanaise, étaient lavées à 90° dans une machine à moitié vide, avec utilisation d’adoucissant, puis étaient repassées.

Des paramètres qui ont fortement pesé dans la balance, et qui sont pourtant loin de correspondre à la réalité des familles adeptes du système lavable, comme en témoigne une internaute :

J’en connais un certain nombre et pour tous sans exception, les couches sont soit faites maison avec des tissus souvent bio, soit achetées à des marques généralement inscrites dans une démarche réellement écolo (et donc qui ne les font pas venir de l’autre bout de la planète), lavées avec le reste du linge et avec des produits aussi respectueux de l’environnement que possible, et bien sûr sans adoucissant…

(L’usage d’adoucissant réduit la capacité d’absorption des couches lavables, ndlr.)

Les fabricants de couches lavables, et notamment la marque française Hamac qui travaille en étroite collaboration avec l’ADEME, n’en reviennent pas d’une telle publication :

Scandaleux la publication de cette fiche par l’ADEME ! Nous savons que leurs équipes internes ont tous les éléments en main démontrant les biais de cette étude anglaise. Nous sommes d’autant plus surpris qu’Hamac travaille avec un groupe de l’ADEME depuis plus d’un an sur ce sujet là, et que d’autres initiatives sont actuellement en cours et soutenues par l’ADEME. Nous nous posons la question de pourquoi ressortir cette désinformation aujourd’hui !

Cette conclusion est clairement le fruit de la pression des lobbys industriels du jetable, assure Marie de la société Toudoo Natura, étant présente à la réunion du mois de mai avec une personne de Génération Plume (Hamac), j’ai bien vu que nous ne ferions pas le poids…

Un coup bas donc pour les couches lavables, qui ont déjà du mal à s’imposer face aux géants du jetable. Reste aux parents de s’informer sur tous les aspects du duel jetable/lavable, car en outre d’épargner (quand même) à la planète une tonne de déchets par enfant, la couche lavable est également une alternative économique et sanitaire aux changes jetables.

Crédits photo : Richard Fawcett – Licence Creative Commons – Certains droits réservés

Author: pressecologie

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