Indicateurs du développement durable à La Réunion : un premier état des lieux

Ferme solaire et éolienne à la Réunion - Crédits photo : Aircam Un Hors Série de la Revue Économie de la Réunion sur les indicateurs du développement durable à La Réunion vient de paraître ce vendredi 22 juin 2012. Cette publication, réalisée en partenariat par l’Insee (institut national de la statistique et des études économiques) et la Deal (direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement), dresse un premier diagnostic destiné à évaluer et à agir sur les trois dimensions du développement durable : la préservation de l’environnement, le progrès économique et la justice sociale.

L’inscription de La Réunion au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, en 2010, témoigne d’une reconnaissance internationale de son patrimoine naturel. Sa population en pleine croissance et les investissements financiers consentis, notamment par l’Europe, tirent le développement et la croissance économique de l’île.

En 2040, plus d’un million d’habitants sont attendus, sur un espace contraint (environ 1 000 km2 sur les 2 500 km2 de surface de l’île sont disponibles pour les activités humaines), soumis à de nombreux aléas naturels, aux ressources limitées et parfois uniques au monde.

Un patrimoine naturel exceptionnel à valoriser et préserver

L’île de La Réunion apporte une contribution significative à la conservation de la biodiversité terrestre de l’archipel des Mascareignes. Cependant, 22 % des espèces indigènes de faune et 30 % des espèces indigènes de flore seraient menacées de disparition. L’état du massif corallien illustre à la fois l’existence d’un patrimoine encore riche et la dégradation qu’il subit. Néanmoins des outils de protection ont été mis en place : Le parc national de La Réunion, créé en 2007, s’étend dur 42 % du territoire et couvre 70 % des zones naturelles d’intérêt faunistique et floristique.

Contraintes et limites de l’espace

Au 1er janvier 2010, la densité de population réunionnaise atteint 332 habitants au km², proche de celle de la Belgique ou du Japon. 1 061 000 habitants sont attendus en 2040.

Saint-Denis de la Réunion - Crédits photo : Aircam Avec 28 600 hectares déjà construits, le département atteint un taux d’artificialisation de 11,4 %, double de celui de la France métropolitaine. Le schéma d’aménagement régional en vigueur depuis le 22 novembre 2011 fixe entre autre comme objectif de contenir cette tendance.

Le transport routier, et notamment les déplacements en voiture s’amplifient. Outre les embouteillages quotidiens, la consommation de carburants pour les transports routiers augmente.

Une nécessaire sensibilisation et responsabilisation des consommateurs

Les habitudes de consommation des réunionnais doivent évoluer vers une meilleure gestion des ressources naturelles (eau, granulats …) et des déchets.

La ressource en eau est limitée et inégalement répartie sur le territoire. Les prélèvements en eau par habitant sont le double de ceux de métropole et peuvent être réduits.

Les capacités de l’île pour traiter et stocker les ordures ménagères sont limitées.

La consommation d’énergie augmente plus rapidement que la population (2,5 % par an sur la dernière décennie). Le développement des énergies renouvelables ne suffit pas à compenser cette croissance de la consommation.

Un développement économique en marche et à consolider

La Réunion s’est dotée d’une économie moderne, fortement tournée vers le tertiaire. La croissance économique est dynamique sur longue période et dépasse les moyennes nationales. Ainsi, entre 2000 et 2010, la croissance s’élève à 3,5 % par an en moyenne (en éliminant les effets dus à l’inflation), contre 1,3 % en France.

Pour autant, l’économie locale reste fragile et en retard par rapport à la métropole : le PIB par habitant n’atteint que 60 % du PIB français. Malgré une forte croissance de l’emploi, la part des personnes qui travaillent (44 %) n’augmente quasiment pas depuis dix ans.

Des conditions de vie qui s’améliorent

En quelques décennies, les conditions de vie ont évolué très positivement. Santé, éducation, logement se rapprochent des normes européennes.

Toutefois, ce rattrapage doit se poursuivre. Pour l’instant, la santé des Réunionnais reste plus fragile qu’en métropole : mortalité infantile plus élevée, risques accrus de décès avant 65 ans et personnes âgées plus dépendantes.

En matière d’éducation, le système scolaire est identique à celui de métropole et le niveau de qualification augmente. De nombreux jeunes quittent néanmoins l’école à partir de 16 ans sans diplôme compromettant leur intégration tant professionnelle que sociale.

La pauvreté monétaire touche 49 % de la population contre 13 % en France métropolitaine. Elle est source d’exclusion au regard des droits fondamentaux que sont la santé, le logement, la formation et l’emploi.

Outil d’aide à la décision, les indicateurs de développement durable illustrent les enjeux clefs du développement durable à l’échelle de La Réunion, en cohérence avec la stratégie nationale de développement durable (SNDD). Ces indicateurs territoriaux du développement durable ont été adaptés au mieux à la réalité réunionnaise grâce à un travail mené par le Criesr (Comité Régional pour l’Information Économique et Sociale de La Réunion), précise l’Insee.

Crédits photo : Aircam

Author: pressecologie

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