Incendie au Maïdo : un nouvel état des lieux après le sinistre

Incendie à La Réunion oct-nov 2011. Crédit photo : Laurent ROCH / DGSCGC - Michaël MASSEAUX / PREF 974 Le Parc national a entrepris un diagnostic écologique précis de la zone sinistrée suite à l’incendie qui a ravagé près 3 000 ha sur le massif des Hauts-sous-le-vent en octobre 2011. Un diagnostic avait également été dressé après l’incendie de 2010 (760 ha brûlés).

Depuis le début du mois de mai et jusqu’à la fin du mois de juillet, Guillaume Payet, chargé de mission au Parc national, réalise avec l’aide des agents de terrain de l’établissement, un quadrillage de tout le territoire touché par le feu.

Mesurer l’état d’envahissement par des plantes exotiques

La géographie très accidentée des lieux engendre des temps d’accès importants aux différentes zones. L’objectif est de disposer d’un relevé le plus précis possible, détaillant l’état réel de la végétation après le passage du feu (en notant particulièrement l’état d’envahissement par des plantes exotiques), avant la mise en place de placettes de suivi.

Ce travail préalable à la mise en place d’un dispositif de suivi (placettes d’observation), doit permettre in fine aux différents acteurs concernés (Conseil Général, ONF, Parc national) de s’accorder sur les priorités d’action à mettre en œuvre dans la lutte contre les espèces envahissantes.

Impact sur la faune réunionnaise

Parallèlement, des études portant sur les espèces animales vivant dans les zones touchées par le feu ont débuté. Une mission des chercheurs de l’Université de Toulouse était sur le terrain pendant deux mois, entre le 10 avril et le 10 juin, pour estimer l’impact du feu sur les populations de “zoizo blanc”.

Pour rappel, l’incendie a sévi au cœur de la région des Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion (zone centrale du Parc national crée en 2007). Ce bien inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité couvre plus de 100 000 ha, soit 40% de La Réunion.

Sur cette île de l’océan Indien, l’association du volcanisme, des glissements de terrain d’origine tectonique, et de l’érosion par les fortes pluies et les cours d’eau, a donné naissance à un paysage accidenté et spectaculaire d’une beauté saisissante.

Dominé par deux volcans, le Piton des Neiges, endormi, et le Piton de la Fournaise, l’un des plus actifs de la planète, la Réunion renferme en son cœur une mosaïque d’écosystèmes et de caractéristiques paysagères remarquables avec leurs assemblages d’espèces les plus précieux de l’archipel des Mascareignes.

Depuis l’extinction de l’incendie, la nature réunionnaise doit faire face à un autre combat : une dure concurrence s’établit entre les espèces exotiques envahissantes et les espèces indigènes.

Une soixantaine d’espèces venues d’ailleurs se sont transformées en véritables envahisseurs capables de coloniser à vitesse grand V des milieux naturels fragiles, empêchant toute réinstallation de flore locale.

La forêt réunionnaise a plus que jamais besoin d’une protection rapprochée, pour que les paysages de fin du monde nés de l’incendie soient l’occasion d’une renaissance pour les espèces indigènes et endémiques.

Crédit photo : Laurent ROCH / DGSCGC – Michaël MASSEAUX / PREF 974

Author: pressecologie

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