Une quarantaine de makis empoisonnés

Maki de Mayotte - Crédits photo : Agathe Schmid Une quarantaine de makis ont été retrouvés morts sur l’îlot mahorais Mbouzi ce vendredi 18 mai 2012. D’après les résultats des autopsies, les lémuriens ont été victimes d’empoisonnement. Une nouvelle qui intervient une semaine après le lancement d’un plan de stérilisation des femelles makis par l’association environnementale Maesha, Komba na Zumbe. Ce plan de gestion a été mis en place pour répondre au problème de surpopulation des lémuriens sur cet îlot de 84 hectares classé réserve naturelle. Plusieurs plaintes devraient être déposées par les associations de protection des animaux et par la Préfecture, pour destruction d’une espèce protégée et acte de cruauté. Un poison à retardement a été mélangé à la nourriture des makis. On ne sait donc pas combien de makis ont été touchés. Le vétérinaire tente de les sauver mais il est sûrement trop tard, déplore Me Arielle Moreau, avocate saint-pierroise engagée pour la défense des lémuriens de Mbouzi, dans les colonnes du Journal de l’île.

Face à la mobilisation d’associations de protection des animaux, un accord sur un plan de contraception et un transfert de 300 animaux dans des parcs zoologiques a pu être mis en place au début du mois de mai (voir notre article par ailleurs). Quelques mois plus tôt, en janvier 2012, un rapport rédigé par le conservateur de la réserve naturelle et la Direction de l’environnement et de l’aménagement de Mayotte (DEAL) (qui devait rester confidentiel) a été publié dans la presse.

Ce rapport envisageait une réponse plus radicale au problème écologique posé par la présence des lémuriens : l’euthanasie. Une solution évoquée en ces termes : agir discrètement et rapidement pour ne pas alerter le grand public ; protéger le gestionnaire et les services décentralisés de l’État qui risquent de pâtir de la vague médiatique ; déclasser, sur la réserve naturelle, cette espèce menacée et protégée pour pouvoir les exterminer (soit par arme à feu, soit à l’aide de fléchettes empoisonnées). Une élimination des cadavres en mer avait aussi été jugée plus adaptée : L’idéal serait alors d’éliminer les cadavres en haute mer où la décomposition sera rapide et permettrait de clore le dossier en toute discrétion.

En 2007, après le classement de l’îlot Mbouzi en réserve naturelle, la gestion du site a été confiée à l’association des naturalistes de Mayotte. Les naturalistes accusant les lémuriens de perturber l’équilibre écologique de la réserve, ont, dans un premier temps, obtenu de la Préfecture une autorisation de réduction du nourrissage des makis.

Pour rappel, en 1998, l’association Terre d’Asile a créé, avec l’accord de l’État, un refuge sur l’île de Mbouzi pour recueillir les lémuriens blessés ou maltraités et les nourrir. Une zone de 3 hectares a été accordée à l’association.

Mais depuis 14 ans, la population de makis a fortement augmenté. Plus de 700 lémuriens sont à ce jour comptabilisés. Depuis 2006, l’association Terre d’Asile a lancé des appels à l’aide et signalé son manque de moyens et de conseils pour gérer les animaux.

Les lémuriens sont des espèces protégées par arrêté préfectoral. Ils sont aussi inscrits sur la convention sur le commerce international des espèces en voie de disparition (CITES).

Author: pressecologie

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