Une nouvelle aire marine protégée au cœur de l’océan Indien

Raie pastenague à points bleus - Crédits photo : Jens Petersen Le parc naturel marin des îles Glorieuses vient de voir le jour ce mercredi 22 février 2012. Ce nouvel espace protégé est le quatrième parc marin français et le deuxième de l’océan Indien, après Mayotte. L’archipel des Glorieuses est situé entre Madagascar et Les Comores, à l’entrée du canal du Mozambique. Il se compose de deux îles sablonneuses (la Grande Glorieuse de 3 km de diamètre où se trouvent les installations humaines, et l’Ile du Lys, circulaire de 600 mètres de diamètre, entièrement déserte) entourées par un récif corallien de 17 km de long. Il sert de zone refuge à de nombreuses espèces menacées : tortues marines, mammifères marins, requins et raies, oiseaux marins.

Un millier d’espèces recensées

Pourquoi un parc naturel marin aux îles Glorieuses ? L’archipel présente un complexe récifal précieux quasiment indemne de pressions anthropiques. Les missions scientifiques y sont difficiles à mettre en place mais régulières. A ce jour, un millier d’espèces dont plus de 150 espèces de cnidaires et 349 espèces de poissons récifaux ont été recensées. Les poissons pélagiques ont été peu étudiés.

L’archipel est une zone refuge pour de nombreuses espèces menacées : environ 10 % des espèces présentes dans les eaux des Glorieuses sont inscrites sur les annexes de conventions internationales et/ou figurent sur la liste rouge de l’UICN (et 33 sont classées sur les annexes I ou II de la CITES.

Les richesses naturelles des Glorieuses sont relativement bien préservées ; il convient de poursuivre les améliorations entamées dans le domaine de la pêche. Pour obtenir les résultats escomptés, il est impératif de pouvoir observer et surveiller les espaces maritimes prévient le Ministère de l’Ecologie.

La plus grande aire marine protégée créée à ce jour

Avec le parc naturel marin de Mayotte (crée en janvier 2010), dont il est contigu, la France se dote d’une aire marine protégée de plus de 110 000 km2, la plus grande créée à ce jour. Les deux parcs naturels marins de Mayotte et des Glorieuses fonctionneront avec des moyens communs, ce qui permettra d’assurer une cohérence technique aussi bien dans la rédaction des plans de gestion que dans les actions des deux parcs selon le Ministère. Cependant, compte tenu des particularités administratives de chacune de ces zones, les conseils de gestion seront distincts. Pour rappel, administrativement, les îles Glorieuses font partie du district des Îles Eparses de la collectivité des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Le conseil de gestion du parc naturel marin sera composé de 20 membres représentants de l’État, des organisations professionnelles, notamment de pêcheurs, d’associations de protection de l’environnement et d’experts. Il devra élaborer le plan de gestion du parc selon les quatre orientations de gestion présentées dans le décret :

Protéger le patrimoine naturel, particulièrement les tortues, les récifs coralliens et les mammifères marins, notamment par une surveillance maritime adaptée aux enjeux et par la sensibilisation des acteurs et des usagers ;

• Faire des eaux des Glorieuses un espace d’excellence en matière de pêche durable ;

• Faire de cet espace un lieu privilégié d’observation scientifique de la biodiversité marine du canal du Mozambique pouvant intégrer des observatoires pour contribuer à l’amélioration des connaissances ;

• Encadrer les pratiques touristiques et accompagner le développement d’un éco-tourisme respectant le caractère préservé de cet espace.

Le parc naturel marin des Glorieuses est le premier des 3 parcs marins prévus en 2012. Le parc marin des estuaires picards et de la mer d’opale et le parc marin des pertuis charentais et girondin devraient compléter d’ici le mois de mai un processus engagé suite au Grenelle de la Mer.

Crédits photo : Jens Petersen

Author: pressecologie

Share This Post On

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *