L’énergie thermique des mers expérimentée en 2011

ETM - Sources : DCNS La Réunion et la Martinique se lancent dans l’exploration de nouvelles énergies renouvelables issues de la mer. Des partenariats de recherche sur l’Energie thermique des mers ont été signés avec le groupe DCNS.

Le groupe DCNS intervenant dans le domaine de l’armement naval et la Région Martinique ont signé le 25 novembre 2010 une convention portant sur la définition des possibilités et conditions de mise en place en Martinique d’une centrale pilote de 10 MW d’Energie Thermique des Mers (ETM). Ce type d’énergie utilise la différence de température entre l’eau de surface, chaude, et l’eau froide venant des profondeurs. Une usine installée en surface utilise cet échange thermique pour produire du courant électrique 24h/24h toute l’année.

Un démonstrateur à terre livré dans le courant de l’été 2011

En ce qui concerne le projet ETM pour l’île de la Réunion, DCNS devrait livrer un démonstrateur à terre dans le courant de l’été 2011. Il sera installé à l’Université de St Pierre. Ensuite, DCNS projette d’installer un prototype en mer en 2015, puis une centrale ETM en 2025. Le prototype aurait une capacité de production de l’ordre d’une dizaine de mégawatts. Il est prévu qu’il soit installé au large de la ville du Port. A la question du coût de réalisation d’une telle structure, le groupe répond qu’il est actuellement dans une phase de développement, période pendant laquelle les investissements sont les plus importants. Le coût d’un prototype n’est donc pas représentatif du coût d’un système industrialisé. On n’en saura pas davantage.

Depuis 2008, le groupe DCNS a mis son expérience et son savoir-faire en conception et entretien de systèmes navals au service du développement de l’énergie thermique des mers. DCNS a ainsi réalisé en 2008 une étude de pré-faisabilité pour la Martinique, puis en 2009 une étude de faisabilité et un contrat pour un démonstrateur à terre pour l’île de La Réunion et en 2010 une étude de faisabilité pour Tahiti.

Une technologie intéressante en zones tropicales

A la Réunion, l’objectif des partenaires locaux et de DCNS est de réaliser un démonstrateur afin de valider cette technologie particulièrement intéressante pour les zones tropicales qui cherchent à s’affranchir des énergies fossiles. Ainsi, DCNS et la Région Réunion ont signé une première convention en avril 2009 pour étudier la faisabilité d’une première centrale d’énergie thermique des mers. Les résultats, présentés aux élus locaux, ont conclu à la faisabilité effective d’une centrale de démonstration.

Une seconde convention, en octobre 2009 avec la Région Réunion et l’Etat dans le cadre du Plan de relance, est destinée cette fois à lever les premiers risques identifiés lors de l’étude de faisabilité. Les principaux travaux concernent essentiellement la recherche de solutions fiables et économiques d’un tuyau d’aspiration d’eau de mer froide. Ceci constitue une difficulté majeure : concevoir, fabriquer, installer et exploiter pendant 30 ans un tuyau d’une longueur de 1000 mètres et d’un diamètre compris entre 5 et 10 mètres constitue un véritable défi technique. Cette convention va également donner jour à un démonstrateur à terre (échelle réduite du système énergie). Ce dernier sera monté et qualifié dans le centre DCNS de Nantes-Indret. Il sera ensuite livré à l’Université de la Réunion (Saint-Pierre) qui mènera des travaux de recherche sur les procédés et composants mis en oeuvre dans l’énergie thermique des mers : cycles thermodynamiques, fluide caloporteur, turbines, échangeurs de chaleur… Par la suite, il servira d’outil pédagogique pour la formation des futurs techniciens de maintenance.

Le Démonstrateur à Terre : impact économique et environnemental du projet

L’intérêt de cette technologie est de produire de l’électricité de base renouvelable. A terme un total de l’ordre de 100 MW qui pourraient être raccordés au réseau électrique avec cette technologie. L‘activité locale générée par l’armement et la mise en place d’une unité pilote minimaliste est estimée à environ 100 000 hj.

Dans son édition du 30 novembre, le Journal de l’île de la Réunion indique que EDF voit d’un mauvais œil l’arrivée de cette énergie stable et disponible 24 h/24 h à La Réunion. Tout mégawatt injecté dans le réseau — géré par EDF — grâce à l’eau des profondeurs réduirait le rendement de sa nouvelle centrale thermique encore en construction au port Est. Un investissement conséquent de 500 millions d’euros… poursuit le journal. Selon certaines sources proches du dossier, EDF a tout intérêt à faire venir l’ETM en Martinique où la part des énergies renouvelables ne dépasse pas les 2 % (32,5 % en 2009 à La Réunion) assure le Jir. D’après ces informations il y a un risque que la concurrence antillaise, soutenue par EDF, handicape La Réunion.

Author: pressecologie

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1 Comment

  1. Yo! et ca représente la puissance de combien de réacteur nucléaire? 0,2 ?

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