Madagascar :”L’allée des baobabs” sauvée des eaux

Baobabs Adansonia grandidieri - Madagascar - Crédits photo : Bernard Gagnon A une vingtaine de kilomètres de Morondava, à l’Ouest de Madagascar, sur la RN35, trônent des arbres géants, hésitant entre ciel et terre, le long d’un mythique “boulevard” appelé “l’allée des baobabs”. Avec leurs troncs massifs, leur allure d’arbre à l’envers (ils paraissent avoir été retourné tête en bas avec leur couronne de branches dépourvues de feuilles 9 mois sur 12), ces arbres de plus de 20 mètres viennent d’être sauvés in extremis de la mort par noyade. L’information est rapportée par l’AFP (Agence France Presse) ce lundi 21 novembre 2011. A Madagascar, on compte pas moins de sept espèces de baobabs (dont six que l’on ne trouve nulle part ailleurs) sur les huit recensées dans le monde. Un patrimoine biologique exceptionnel.

Une usine de sucre déversait de l’eau dans le site, et les habitants utilisaient cette eau pour faire de la riziculture. Les baobabs étaient au milieu des rizières, et avaient les pieds dans l’eau toute l’année, raconte Anselme Tilahimena de l’association environnementale Fanamby qui gère l’aire désormais protégée et ses 313 baobabs. Les troncs des baobabs pourrissaient de l’intérieur. Les cyclones qui frappaient la zone renversaient régulièrement les colosses affaiblis, au rythme de deux par an en moyenne.

Une aire protégée de 320 hectares et 313 baobabs

Une première étape de conservation de ce monument naturel avait été mise en place en 2007 avec la création d’une aire protégée de 320 hectares. Il faut rappeler que les baobabs malgaches constituent un patrimoine biologique unique au monde. Sur les huit espèces connues au monde, sept sont présentes sur l’île et six y sont endémiques et sont abritées par les forêts tropicales sèches de la Grande Île.

Le déversement de l’eau dans la zone a été interrompu. Les rizières, désormais asséchées, ont laissé place à des zones marécageuses. 250 personnes résident dans la zone. Depuis 2007, nous avons développé des activités agricoles alternatives de culture sèche comme l’arachide, ou bien des cultures maraîchères, pour compenser la perte de revenus liée à l’arrêt de la riziculture, explique Anselme Tilahimena à l’AFP.

Mais ces changements d’activité ne sont pas faciles à accepter pour les cultivateurs. L’eau déversée par l’usine fertilisait les terres et le riz y poussait en abondance. C’est important de protéger les baobabs, mais l’arachide rapporte moins, déplore Vontanana, 56 ans, qui cultivait du riz au pied des baobabs. Je vais continuer la riziculture si l’on construit un canal.

Un canal long de sept kilomètres est en construction en dehors de la zone protégée pour irriguer une surface de 187 hectares. Les paysans pourront y développer la culture du riz sans que cela présente de danger pour les baobabs.

L’association environnementale Fanamby et l’association de villageois préparent aussi l’avenir de “l’allée” des géants : des baobabs, de l’espèce endémique adansonia grandidieri, sont plantés chaque année sur toute l’aire protégée. Une deuxième chance pour cette espèce classée en danger d’extinction (EN) sur la liste rouge de l’UICN.

Crédits photo : Baobabs Adansonia grandidieri, près de Morondava, Madagascar – Bernard Gagnon Wikipedia

Author: pressecologie

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