2 834 hectares du Parc national détruits

Incendie à La Réunion octobre-novembre 2011 - Crédit photo : Laurent ROCH / DGSCGC - Michaël MASSEAUX / PREF 974 Un an après l’incendie dramatique qui a ravagé plus de 700 hectares de la forêt du Maïdo, la Réunion est à nouveau confrontée à des feux de forêt. 2 834 hectares ont été détruits. Ce jeudi 17 novembre 2011, l’incendie est maîtrisé, mais les soldats du feu restent mobilisés. 42,80 km de lisières sont désormais maîtrisés, 7,60 km sont circonscrits et un seul kilomètre comporte des foyers résiduels autour du Piton Fougères. Les moyens des sapeurs pompiers sont concentrés sur le traitement des points chauds et sur la surveillance des lisières, indique la préfecture dans un communiqué (point de situation à 18h). Depuis le 25 octobre, plusieurs incendies d’origine criminelle ravagent des territoires situés au cœur du Parc national, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2010. Le 31 octobre, après une semaine d’incendie, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a décidé d’envoyer les deux avions DASH du ministère afin d’accélérer l’extinction des feux. Cet incendie est le pire que la région ait connu ces 20 dernières années. Plus de 3% du Parc national de l’île ont été parcourus par les flammes dans la forêt des Bénares et du Maïdo. Des zones cruciales pour certaines espèces endémiques ainsi que des micro-habitats essentiels à la biodiversité sont affectés.

Les conditions météorologiques ont permis aux DASH d’effectuer 6 largages ce jeudi, ce qui porte à 178 le nombre de largages depuis leur entrée en action.

Un bombardier d’eau est maintenu en complément de l’important dispositif de renforts nationaux (240 personnels) encore engagé aux cotés des équipes du SDIS de La Réunion.

Les missions sur feu, en soutien et en surveillance ont mobilisés 396 personnels ce jour. Depuis le début des opérations, 114 blessés et malades ont été pris en compte.

Militaires engagés dans la lutte contre les incendies du Maïdo et du massif des Bénares - Crédit photo : RSMA-Réunion Par ailleurs, la route forestière du Maïdo sera ouverte au public le week-end du 19 et 20 novembre 2011, entre 6h et 16h, afin de permettre l’accès au belvédère. Le stationnement sera autorisé uniquement sur le parking du belvédère et l’utilisation des aires de pique-nique sera interdite.Les autres routes forestières (et tous leurs accès) ainsi que tous les sentiers de randonnée qui parcourent le massif des Hauts de l’Ouest restent fermés jusqu’à nouvel ordre.

Le préfet rappelle que du 15 août au 15 janvier, tout emploi du feu est interdit, y compris l’écobuage, à l’exception de l’emploi du feu dans les habitations, dans leurs dépendances et dans les places à feu aménagées à cet effet, par l’arrêté préfectoral n° 3476 du 14 décembre 2009. Tout contrevenant s’expose à des poursuites pénales.

Depuis le 25 octobre, 49 incendies d’origine volontaire se sont déclenchés, dont 20 ont pu être formellement imputés à des auteurs identifiés. 12 des ces contrevenants ont été verbalisés pour écobuage, 5 ont été reconnus passibles de délit et convoqués en justice. Un individu a été incarcéré en attente de jugement, et 2 atteints de troubles mentaux ont fait l’objet d’une obligation de soins.

Des habitats naturels uniques au monde menacés

Le massif du Maïdo est riche en espèces indigènes ou endémiques. Plus d’une dizaine d’espèces remarquables ont été touchées par le feu. Certaines sont considérées comme gravement menacées d’extinction. C’est le cas notamment d’une fougère indigène (Pellaea quadripinnata) que l’on trouve uniquement sur la zone touchée par le feu, selon un communiqué du Parc national publié ce vendredi.

Pour un œil non averti, la végétation d’altitude du massif du Maïdo semble souvent assez peu variée. Le massif est en effet recouvert à 90 % par une végétation éricoïde. En cheminant sur les sentiers, on voit surtout des branles verts, parfois des tamarinaies dominées par les Tamarins des hauts (Acacia heterophylla), ou bien quelques fragments de sophoraies reconnaissables à la silhouette du Petit Tamarin des hauts (Sophora denudata).

Pourtant, les travaux menés par les botanistes, les naturalistes, le Conservatoire botanique national de Mascarin, ont montré que la plupart des espèces sont strictement endémiques de l’île de La Réunion. Elles s’assemblent pour constituer des habitats uniques au monde, parce que composés à 90 % d’endémiques.

En attendant la fin de l’incendie pour pouvoir établir un bilan précis des dégâts, les conseillers écologues et conseillers scientifique du Parc national se basent sur leur premières constatations de terrain, ainsi que sur des relevés cartographiques pour estimer l’importance des atteintes à la flore et à la faune.

Plusieurs espèces remarquables, dont certaines endémiques ont été touchées sur les différentes stations connues sur la zone. Certaines sont considérées comme gravement menacées d’extinction. C’est le cas notamment d’une fougère indigène (Pellaea quadripinnata) que l’on trouve uniquement sur la zone touchée par le feu.

Mais toutes ces plantes ne sont peut-être pas définitivement perdues. En effet, les parcelles de suivi qui ont été mises en place par le Parc national suite à l’incendie de 2010, ont montré qu’il y avait des possibilités de régénération à partir des graines ou des rejets de souches, en fonction de l’impact du feu.

Plusieurs espèces de fougères remarquables ont été brûlées par l’incendie, mais peut-être que la partie des plantes située dans le sol (leur rhizome) n’aura pas été détruite, ce qui permettrait à la plante de renaître. Mais cela à condition que les travaux de lutte contre l’Ajonc d’Europe, peste végétale qui colonise très rapidement les sols après les incendies, puissent être déjà programmés pour agir efficacement avant qu’elle envahisse l’espace.

A la Grande Chaloupe, l’incendie est désormais terminé. Environ 2 hectares, heureusement fortement composés d’espèces exotiques, ont été touchés en cœur du Parc national. Des relevés plus précis sont prévus dans les jours qui viennent afin d’établir un bilan précis des dégâts.

Nidification pour les Pétrels sur les contreforts du Grand Bénare

Parmi la faune sauvage, plusieurs espèces rares sont menacées par le feu. D’autant plus qu’en début d’été austral, les animaux entament leur période de reproduction. Parmi les quelques 100 espèces animales qui vivent dans la forêt des Bénares et du Maïdo, on trouve beaucoup d’insectes, des oiseaux, ainsi que le lézard vert des hauts. Les colonies de Pétrels de Barau nichent également dans le rempart du massif du Grand Bénare en creusant leurs terriers dans l’avoune.

Author: pressecologie

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