La mangue se met au bio

Mangues de variété Cogshall - Crédits photo : M. Léchaudel, Cirad Le bio va-t-il bientôt percer son sillon dans les vergers de manguiers ? C’est le défi du projet Biophyto, lauréat de l’appel à projets Casdar 2011, qui démarre à la Réunion, indique le Cirad (centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) dans un article publié le 7 octobre 2011. Objectif : produire une mangue sans insecticides. Le pari est ambitieux.

Punaises, cécidomyies des fleurs, cochenilles et mouches des fruits… La mangue réunionnaise subit l’attaque de toute une armée d’insectes nuisibles. Le réflexe classique : les éradiquer à coups d’insecticides. Mais à l’heure de la préservation de l’environnement, d’autres voies sont envisagées.

Favoriser la biodiversité animale et végétale

La solution : rétablir les équilibres naturels en favorisant la biodiversité animale et végétale sur la parcelle. C’est tout l’objet de Biophyto qui propose une stratégie de gestion agroécologique des insectes ravageurs. En supprimant les traitements insecticides et en introduisant de la biodiversité végétale, les populations d’insectes utiles augmenteront et celles d’insectes nuisibles diminueront, explique Jean-Philippe Deguine, agroécologue au Cirad et chef du projet. Ce qui aura pour effet de réguler “l’agroécosystème”. Plusieurs techniques d’insertion de biodiversité végétale sont possibles. Parmi celles-ci, on trouve les systèmes sous couverture végétale, les enherbements naturels bien gérés, les plantes pièges, les haies ou bordures fleuries, etc. Dans des vergers d’agrumes, en Espagne par exemple, il a été montré qu’une couverture végétale permettait de développer la faune prédatrice du sol , poursuit Jean-Philippe Deguine. D’autres prédateurs – fourmis, araignées, staphylins (ou des parasitoïdes) seront favorisés par la lutte biologique de conservation.

Objectif : zéro insecticide à l’horizon 2014

Avec l’objectif de zéro insecticide à l’horizon 2014, le projet Biophyto constitue une petite révolution. Labellisé fin 2010 par le pôle de compétitivité Qualitropic et par le réseau mixte technologique DévAB (Développement de l’agriculture biologique), le projet s’appuie sur une dizaine de sites pilotes chez des producteurs de mangues. Il réunit également une dizaine de partenaires techniques, dont le Cirad, en tant que chef de projet*, ainsi que des chercheurs et techniciens de différentes unités de recherche. Il s’inscrit en cohérence avec la dynamique du plan national Ecophyto 2018 qui vise à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2018. A la Réunion, Biophyto fait suite au projet Gamour qui s’est attaqué au problème des mouches des légumes. Il comporte quatre actions principales, chacune animée par un partenaire. L’Armeflhor animera la mise au point de nouvelles pratiques de gestion de la biodiversité végétale. Le Cirad s’intéressera à la caractérisation de la biodiversité animale fonctionnelle et à la mesure des services rendus aux équilibres bioécologiques. L’AROP-FL coordonnera l’analyse économique et l’étude de la valorisation de la production de mangue. Enfin, c’est la Chambre d’agriculture qui veillera à la valorisation et diffusion des résultats du projet.

Vers une mangue plus saine

Les partenaires du projet auront trois ans pour concevoir et évaluer de nouvelles pratiques, caractériser la biodiversité des vergers non traités et mesurer les services rendus aux équilibres biologiques, étudier les formes de valorisation commerciale des mangues produites, puis diffuser les résultats aux différents bénéficiaires. Bientôt, sur les étals, une mangue plus saine. Avis aux consommateurs.

Source : CIRAD

Photo : Mangues de variété Cogshall – Crédits : M. Léchaudel, Cirad

Author: pressecologie

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