Mieux connaître les squales

Requin - Crédits photo : Al@in76 - http://www.flickr.com/ - Certains droits réservés - Licence Creative Commons Conformément aux engagements pris lors de la table ronde du 25 juillet 2011 organisée par la Mairie de Saint-Paul suite aux attaques de requins, trois ateliers ont été mis en place pour travailler sur le risque requins. Le premier atelier “amélioration des connaissances sur les squalidés, sur les modalités d’évaluation et de gestion du risque” débute ce vendredi 23 septembre 2011 à la DEAL (direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Deux autres ateliers : “prévention du risque : information, communication, réglementation” et “gestion du risque : surveillance, système d’alerte” seront mis en place dans les semaines à venir.

Ce groupe de travail est piloté conjointement par la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) et la direction de la mer sud océan Indien (DMSOI). Son objectif est de définir les actions à conduire pour améliorer les connaissances scientifiques sur les squalidés à La Réunion (comment ils se déplacent, où ils chassent, où ils vivent), l’évaluation du risque et l’identification des moyens de protection utilisables.

Par ailleurs, Michel Lalande, préfet de La Réunion, détaillera ce lundi 26 septembre 2011 les mesures de prévention des risques qui seront mises en œuvre à court et moyen terme. Le préfet présentera notamment l’opération ciblée de prélèvement de requins, destinée à réduire les risques d’attaques dans la bande côtière de Saint-Gilles, qui sera menée dans les prochains jours.

De son côté, la Région Réunion a d’ores et déjà annoncée ce 21 septembre 2011 l’installation d’une vingtaine de shark-shields sur deux sites-pilotes de l’ouest avant la fin de l’année 2011. La décision devrait être validée après un passage en commission. Une seconde piste a été évoquée : le marquage des requins à l’aide d’une balise.

Recrudescence des attaques de squales : un phénomène observé à l’échelle mondiale

A la Réunion, depuis le début de l’année 2011, quatre attaques de squales, dont deux mortelles, ont été recensées contre des surfeurs dans le secteur de Saint-Gilles sur la côte ouest, la plus fréquentée. Depuis 1972, une attaque par an en moyenne était comptabilisée (37 attaques, dont 19 mortelles).

Selon un bilan international établi par l’Université de Floride, en 2010, 79 attaques de requins dans le monde dont six mortelles ont été recensées, soit une hausse de 25% des accidents par rapport à 2009, et déjà 80 entre janvier et septembre 2011. Le bilan des chercheurs américains est loin d’être rassurant : le nombre de cas a plus que doublé en trente ans.

Réchauffement climatique, surpêche, fréquentation en hausse des littoraux… plusieurs facteurs sont évoqués

Comment s’explique-t-on cette hausse des attaques de requins ? Les scientifiques s’interrogent. Plusieurs hypothèses sont avancées : l’augmentation de la fréquentation des littoraux par les touristes, les surfeurs et les baigneurs qui pourraient être confondus par les requins avec des tortues ou des phoques, leurs principales proies. Les squales, plutôt de nature craintive face à l’homme, deviendraient davantage curieux et s’approcheraient des côtes peu profondes.

Les activités humaines pourraient également être responsables de la recrudescence des agressions : les scientifiques évoquent la surexploitation des ressources marines par la pêche. Les prédateurs ne trouveraient plus suffisamment de nourriture en pleine mer. Et dans le même temps, le rejet des déchets organiques attirerait les requins plus près des littoraux.

Enfin, le réchauffement des océans est avancé comme un facteur explicatif. Déroutés par la modification des courants marins et le réchauffement climatique, les squales, qui suivent les migrations de leurs proies, exploreraient des milieux qui leur étaient jusqu’alors inconnus.

Néanmoins, les scientifiques soulignent que les attaques de requins se révèlent peu nombreuses et font moins de victimes que les éléphants, les cobras ou les crocodiles.

L’Union internationale de la conservation de la nature (UICN) rappelle pour sa part qu’une vingtaine d’espèces de requins de haute mer sont menacées d’extinction à l’échelle mondiale. Les requins sont particulièrement vulnérables face à la surpêche à cause de leur maturité tardive et de leur faible taux de reproduction. Une pêche qui représente aussi une menace pour les écosystèmes marins, au sein desquels les requins ont une place essentielle.

Crédits photo : Al@in76 Flickr – Certains droits réservés – Licence Creative Commons

Author: pressecologie

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