Un papangue tué par des braconniers

Papangue mâle - Crédits : SEOR Un papangue , le seul rapace endémique de la Réunion, a été piégé par un ou plusieurs braconniers, l’oiseau a été découvert sans vie le 5 août dernier par deux gardes moniteurs au Parc National. L’information est rapportée par Le Journal de l’île de la Réunion ce vendredi 26 août 2011. En mission de patrouille dans la partie ouest de la forêt de la Crête sur les hauteurs de Saint-Joseph, les deux gardes ont repéré un piège avec de la glu. Nous avons découvert des plumes, des ossements, le crâne de l’oiseau, indique Nils Paulet, garde du Parc National, dans les colonnes du Jir. De toute évidence, l’individu était mort depuis plusieurs jours, sans doute une semaine.

Ce papangue, un juvénile ou sub-adulte, a peut-être été attiré par les petits oiseaux collés sur les branches disposées par le braconnier et alors il a été tué par ce dernier et laissé mort sur place. Ou alors il s’est pris les pattes dans la colle et n’a plus réussi à s’envoler, telles sont les hypothèses avancées par l’un des gardes dans le journal.

En mars dernier, deux Papangues mâles, victimes d’empoisonnement avaient été recueillis au centre de sauvegarde de la faune sauvage de la SEOR (société d’études ornithologiques de La Réunion), à Saint André. Ces deux oiseaux gravement intoxiqués avaient été retrouvés par des ouvriers de l’ONF. L’un des deux oiseaux n’avait pas survécu au poison utilisé, malgré les soins vétérinaires prodigués.

Depuis 1997, plus de 100 Papangues ont été recueillis au centre de sauvegarde de la SEOR. La SEOR rappelle sur son site internet que cet oiseau est carnivore (parfois charognard), il chasse de petits animaux (petits oiseaux, lézards, musaraignes, jeunes tangues). Il évite aussi la prolifération d’espèces nuisibles comme les rats dont il se nourrit le plus souvent. Contrairement à sa réputation, il ne s’attaque pas aux animaux de basse-cour comme les poules qui sont des proies bien trop grosses pour lui.

Le Papangue est une espèce protégée dont la destruction est interdite. D’autant plus qu’il compte parmi les espèces en danger d’extinction à La Réunion. C’est le seul rapace nicheur de l’île et l’un des plus rares busards au monde. Fidèle au seul territoire réunionnais, on ne le trouve nulle part ailleurs dans le monde. Les dernières études conduites en 2009 et 2010 recensent avec certitude seulement 86 couples reproducteurs quand les estimations globales de sa population montrent une stagnation depuis plus de 10 ans.

Crédits photos : Seor

Author: pressecologie

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