Attaques de requins en hausse : la faute des hommes ?

Plage de Grande Anse - Ile de la Réunion - Pressecologie.com La récente augmentation des attaques de nageurs par les requins est avant tout le reflet du développement des vacances de masse déversant de plus en plus de touristes sur des plages autrefois réservées à quelques privilégiés, selon les experts. L’information est rapportée par l’AFP (agence france presse) ce jeudi 18 août 2011. Parmi les derniers événements en date dans la zone Océan Indien, on rappellera les deux accidents mortels survenus aux Seychelles dans le courant du mois d’août.

A la Réunion, depuis le début de l’année, quatre attaques de squales, dont une mortelle, ont été recensées contre des surfeurs dans le secteur de Saint-Gilles sur la côte ouest, la plus fréquentée. Depuis 1972, trente-sept attaques de requins, dont dix-neuf mortelles, ont été recensées à La Réunion, soit en moyenne environ une par an.

Selon un bilan international établi par l’Université de Floride, en 2010, 79 attaques de requins dans le monde dont six mortelles ont été comptabilisées, soit une hausse de 25% des accidents par rapport à 2009. Pour 2011, on compte déjà six cas mortels et sept cas de blessures, selon un décompte de l’AFP.

Il n’y a en moyenne que 5 attaques par an dans le monde, c’est assez faible comparé aux attaques d’autres animaux comme les éléphants, crocodiles, abeilles ou cobras, indique à l’AFP Agathe Lefranc, chargée de mission scientifique à l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens, incluant requins et raies (APECS).

Première explication avancée par les scientifiques interrogés par l’agence de presse : le développement de la mobilité des touristes. Grâce aux vols à bas coût, un nombre toujours plus grand de vacanciers peut aller nager, plonger ou surfer dans des endroits préservés jusqu’à récemment de toute présence humaine. Pour David Jacoby, de l’Association de biologie marine (MBA) de Plymouth (Grande-Bretagne), les raisons des attaques sont souvent locales, mal comprises et font rarement l’objet d’enquêtes.

A la Réunion : un comité de pilotage et trois ateliers pour trouver une parade au risque requin

Sur le territoire réunionnais, les causes de ces attaques répétées restent mystérieuses, mais une table ronde a été organisée par la mairie de Saint-Paul fin juillet réunissant autorités et associations pour comprendre le phénomène. Un comité de pilotage devrait être prochainement mis en place, ainsi que trois ateliers : – Une étude scientifique sera lancée pour mieux connaître les espèces, le comportement des requins…
– Un atelier pour définir des systèmes d’alerte, des procédures d’intervention et une réglementation spécifique
– Un atelier de gestion du risque : une réflexion sera menée pour identifier les dispositifs de protection (filets, bouclier électrique…). Des comparaisons pourraient être menées avec les systèmes anti-requins existant en Australie et en Afrique du Sud.
– Des plaquettes devraient également être éditées et des panneaux d’information installés sur les zones dangereuses.

De la réserve marine qui aurait attiré les poissons et les requins, à la présence d’une ferme aquacole en baie de Saint-Paul, en passant par le déversement en mer des eaux de ravines chargées de déchets, les hypothèses sont nombreuses pour tenter d’apporter des réponses à cette recrudescence des squales dans la zone.

Chassés pour leurs ailerons, ou prisonniers des filets des grands chalutiers, un tiers des espèces de requins de haute mer sont menacées d’extinction à l’échelle mondiale, d’après l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN). Selon l’association Pew Environnement Group (PEG), 73 millions de requins disparaissent chaque année, à cause de la surpêche. (Sources : Le Monde)

requin tigre
requin bouledogue

Author: pressecologie

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