Lutte biologique contre la vigne maronne : Les résultats du CIRAD

Tenthrède sur fleurs de letchis - Crédits Photos : S. Della Mussia, Cirad Le comité de suivi du programme de lutte contre la vigne marronne s’est réuni le 15 septembre 2010, pour la cinquième fois depuis sa création en juillet 2009. Lors de cette réunion ont été présentés les résultats des expérimentations conduites sur le baie rose, ou faux poivrier, par le CIRAD.

Les apiculteurs réunionnais avaient exprimé leurs craintes par rapport à l’introduction de la tenthrède Cibdela janthina (ou mouche bleue). Le Cirad a mis en place des essais complémentaires visant à étudier les éventuelles interactions entre abeille et tenthrède, ainsi que leur impact possible sur la pollinisation et la production de miel.

La Préfecture de la Réunion indique dans un communiqué que lors de cette réunion du 15 septembre 2010 ont été présentés :

Les résultats des expérimentations conduites sur le baie rose, ou faux poivrier, par le CIRAD

Cette étude s’est déroulée de mi-février à mi-avril 2010 sur 9 sites répartis dans l’est, le sud et le sud-ouest de l’île (dont deux sites témoins sans tenthrèdes à Saint-Louis et Entre-Deux).

Selon les résultats de cette étude :
– 1) il n’y a pas d’interaction agressive entre les abeilles et les tenthrèdes pour l’accès à la ressource,
– 2) la présence de tenthrèdes n’a pas d’effet significatif sur le rendement en graines du faux poivrier,
– 3) la présence de tenthrèdes n’a pas d’effet significatif sur la production de miel de faux poivrier.

Les résultats de la modélisation de la répartition spatiale et temporelle des populations de tenthrèdes réalisée par le CIRAD

Ce modèle prédictif de la progression de la tenthrède sur l’ensemble de l’île, mais aussi de la diminution de ses populations d’adultes, permet de fournir les premières simulations et les facteurs explicatifs dont la réduction des massifs de vigne maronne qui peut être évaluée aujourd’hui à environ 780 ha principalement dans la zone Est. Lors du dernier recensement réalisé en juillet-août 2010, les tenthrèdes sont présentes de Sainte-Marie à Petite-Ile avec deux points isolés dans les hauts de Saint-Denis et de Saint-Pierre.

– Les objectifs et le programme de la mission d’expertise qui sera menée à La Réunion du 18 au 26 octobre par l’ agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (ITSAP), afin d’évaluer les conditions sanitaires et environnementales de la filière apicole sur l’île.

– Le projet d’expertise du “guide méthodologique d’évaluation économique des programmes de lutte contre une espèce invasive” réalisé par l’Université de La Réunion sous l’égide du groupe “invasions biologiques” du CSRPN (Conseil scientifique régional de protection de la nature). Ce guide se veut une aide à l’évaluation de projets de lutte contre une espèce donnée ou sur un espace donné. Il doit permettre de mieux prendre en compte toutes les dimensions socio-économiques et environnementales de tels projets. La vigne marronne a été choisie pour tester la méthode d’évaluation ex-post des coûts et bénéfices d’une action de lutte contre une espèce donnée.

Les documents de présentation seront mis prochainement en ligne sur le site de la DIREN.

Créé à la demande du Préfet, le comité de suivi du programme de lutte contre la vigne marronne est co-présidé par le directeur de la DAF et le directeur de la DIREN. Il regroupe les principaux acteurs concernés par la lutte biologique contre la vigne marronne : services de l’Etat, services du conseil régional et du conseil général, milieux associatifs, organisations et syndicats socio-professionnels (notamment organisations apicoles), chambre d’agriculture, établissements publics (ONF et Parc National), expertise scientifique (CIRAD, Université, Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel).

Le comité de suivi a pour mission d’assurer les échanges d’information, de connaissance et d’expérience, d’identifier les difficultés, de lancer et suivre les études nécessaires et de proposer des réponses partagées.

Author: pressecologie

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